Kahrakib : Département lignes HT/THT, pour le transport de l’énergie vers tous les points de l’Algérie

Kahrakib : Département lignes HT/THT, pour le transport de l’énergie vers tous les points de l’Algérie

« Notre travail consiste à réaliser les lignes électriques HT et THT (haute et très haute tension) pour notre client Sonelgaz à 95%, le reste pour des clients en-dehors du groupe Sonelgaz, à l’instar des DTP et des DRE », nous apprend M. Fayçal GOUGAM ,  le chef du département lignes HT/THT de Kahrakib.

Le département HT/THT est constitué de 8 chargés d’affaires, chacun ayant des projets à gérer en assurant la coordination entre les chantiers et les supports (directions et services) se trouvant au niveau central.

Plusieurs projets sont en cours de réalisation par Kahrakib actuellement, dont une bonne partie dans la wilaya d’El Oued où une base de vie fixe est implantée, et où dix projets ont déjà été réalisés depuis 2013 : « si vous le demandez aux habitants de la région, ils vous répondront qu’entre 2012 et 2021, l’alimentation en énergie électrique a connu une grande amélioration. Ils m’ont informé qu’avant ils vivaient un véritable enfer avec les coupures et les baisses de tensions, d’autant plus que la wilaya d’El Oued a connu un essor très important dans le domaine agricole », explique notre interlocuteur. C’est donc dans le but d’alimenter convenablement les habitants de la wilaya ainsi que les agriculteurs dont les investissements sont conséquents que le gouvernement a lancé une grande opération visant à doter la région de nombreux projets d’électrification et de renforcement de l’alimentation en énergie. « Depuis 2012, nous avons réalisé 10 projets de renforcement de l’alimentation en énergie électrique et il ne nous reste qu’un seul qui nous fait quand même souffrir, à cause d’oppositions qui n’ont pas été levées depuis l’année 2015, avec toutes les difficultés administratives qui y sont collées », déclare M. Gougam.

M. Fayçal GOUGAM ,  le chef du département lignes HT/THT de Kahrakib

Les oppositions, bête noire des responsables

Heureux hasard, nous apprenons que la veille de notre rencontre avec le chef du département lignes HT/THT, ils ont été informés qu’une partie des oppositions sur la ligne El Bayadha-Touggourt ont été levées. Même après la résolution de ces problèmes relatifs aux oppositions de tiers, les responsables doivent effectuer de nombreuses démarches pour continuer les travaux : « parfois, les oppositions sont levées, les démarches terminées, mais, sur le terrain il se trouve quelqu’un qui nous refuse un passage ou nous empêche de continuer notre travail, nous faisons alors appel à la force publique », rappelle M. Gougam, qui précise qu’ils ne font appel à la force publique qu’en tout dernier ressort. Il y a aussi les contraintes administratives concernant les permis de construire qui ne nous sont pas délivrés parfois à temps et pour lesquels les travaux sont bloqués, comme cela est arrivé pour le projet El Oued-El Amiria « qui a connu un arrêt de près d’une année et demie à cause d’un permis de construire qu’une APC exigeait pour nous permettre de travailler sur son territoire », explique encore notre interlocuteur.

Plus de 350 km de lignes HT/THT à El Oued

Pour ces dix projets, Kahrakib a réalisé plus de 350 km de lignes HT/THT depuis 2013, dont la coupure de la ligne El Oued-El Amiria sur un linéaire de 64,9 km comportant 182 supports qui vient d’être mise en service.

Outre ces réalisations, Kahrakib a à son actif de nombreuses lignes électriques HT/THT, surtout à partir de 2012 dont 7 mises en services en 2012, 10 en 2013, 16 en 2014, 21 en 2015, 8 en 2016, 13 en 2017, 9 en 2018, 3 en 2019, 2 en 2020 et 24 pour les 6 premiers mois de l’année 2021. Ces projets sont répartis à travers l’ensemble du territoire national, mais avec une plus grande concentration au Sud, surtout dans les régions qui ont connu un essor certain en agriculture, à l’image des wilayas d’El Oued, Biskra, Touggourt ou encore Adrar.

Les actes de vandalisme, autre motif de blocage

Outre les contraintes administratives et d’opposition, les difficultés liées aux actes de vandalisme sont un autre motif de blocage qui retarde grandement l’avancement normal des travaux de réalisation. Le nombre élevé de ces actes de vandalisme a grandement impacté la réalisation des projets et causé des retards assez importants. « Rien que pour la fourniture du matériel détérioré ou volé nous avons déboursé plus de dix millions de dinars, sans parler de la main-d’œuvre et du retard engendré, cela pour le chantier en cours à El Oued », nous confie M. Gougam. « Sans ces actes de vandalismes, nous aurions terminé le chantier au moins deux mois plus tôt », a-t-il précisé. De telle sorte, et pour éviter les vols de câbles surtout, la méthode conventionnelle étant de dérouler le câble par terre avant de le lever, les responsables ont décidé de régler le même jour le câble en le levant pour l’accrocher aux supports, ce qui demande quand même beaucoup plus d’efforts.

Deux morts lors d’une tentative de vol de câble à Bouira

C’est un évènement tragique survenu juste trois jours avant notre rencontre avec M. Gougam. Deux jeunes hommes sont morts en tentant de voler des câbles déjà tirés et réglés. Il nous a expliqué que le câble était tiré entre deux pylônes avec deux supports au milieu, ce qui constitue un contrepoids pour maintenir le pylône en fixation. Pour voler le câble, les deux jeunes hommes sont montés chacun sur un pylône et ont découpé le câble du milieu, preuve qu’ils connaissaient leurs affaires, mais cela n’a pas empêché l’accident. En effet, dès que le câble fût coupé, le poids (plusieurs dizaines de tonnes) entraina la chute des deux pylônes sur lesquels se trouvaient les deux malheureux. La chute leur fut fatale à tous les deux et les sauveteurs ne purent que constater leurs décès. C’est dire les difficultés rencontrées par les hommes de Kahrakib qui œuvrent sans discontinuer à amener l’énergie électrique vers les endroits les plus reculées du territoire national.

 

 

Plus de 63 millions de dinars de pertes à cause des vols et des actes de vandalisme

Ce sont des pertes de pas moins de 63 millions de dinars qui ont été causées par les vols et les actes de vandalisme dont sont victimes régulièrement les projets réalisés par l’entreprise Kahrakib, à travers l’ensemble du territoire national, ceci pour les deux dernières années seulement.

Les vols touchent essentiellement les câbles, les manchons d’ancrage, les isolateurs, les pinces pour câbles, les bridges, les manchons de jonction et les chaines de suspension. Ce matériel est très recherché par les revendeurs de matériels électriques ainsi que par les trafiquants de cuivre récupéré des kilomètres de câbles volés.

Ce sont là d’importantes contraintes exogènes qui gênent considérablement l’avancement normal des travaux de réalisation des projets confiés à Kahrakib et qui lui causent des pertes d’argent et de temps très contraignants, ceci en plus des retards dus aux oppositions.

Tahar Mansour