Kanagaz : emmener le gaz partout en Algérie

KANAGAZ

Kanagaz : emmener le gaz partout en Algérie

Partout dans le monde, le gaz de ville constitue le moyen le plus sûr pour garantir une vie décente à l’ensemble des citoyens tant cette énergie, aux multiples usages, facilite grandement la vie des gens, pour la cuisson, pour le chauffage et même pour l’éclairage dans certaines régions enclavées. L’Algérie, qui est quand même un pays exportateur de gaz, n’est pas en reste et de grands chantiers ont été lancés pour faire parvenir cette source d’énergie partout à travers le territoire national. Afin d’arriver à cette objectif, le groupe Sonelgaz mis en place une filiale qui est chargée de la mise en œuvre de ce programme à partir de la source et jusqu’aux contrées les plus reculées, en posant les conduites et en s’assurant de l’arrivée du gaz jusque chez les citoyens : il s’agit de KANAGAZ, une filiale qui a laissé son empreinte de joie et d’amélioration du cadre de vie partout où ses équipes sont passées.

Cette fois, nous avons visité Kanagaz sur l’un de ses chantiers, situé dans la wilaya d’Ain Defla et où les travailleurs avaient déjà très bien avancé dans la réalisation de ce projet consistant en l’alimentation en gaz de ville d’un petit village situé à quelques dizaines de kilomètres du chef-lieu de wilaya, en pleine montage et où la route sinueuse ne permettait le passage que d’un seul véhicule à la fois.

Le projet, d’un linéaire de 17,1 km commence au niveau de la station de détente sise à Bourached pour arriver à la commune de Djamaa Ouled Sidi Cheikh. Nous commençâmes notre visite par l’endroit où le pipe devait traverser l’autoroute est-ouest et où une équipe s’affairait à creuser, à l’aide d’une machine spéciale, un tunnel à 5 m au-dessous de l’autoroute. Ils y font passer une gaine métallique pour sécuriser la canalisation et éviter les effets du tassement des sols et des autres aléas naturels. Mais pour y arriver, il fallait emprunter une piste cahoteuse qui a mis à mal notre voiture citadine et nous avons dû l’abandonner à mi-chemin pour monter dans le véhicule du chef de projet, un homme jovial et très sûr de lui. Le téléphone n’arrêtait pas de sonner et le chef de projet répondait à chaque fois, donnait des instructions précises ou posait d’autres questions pour être au courant de tout ce qui se passe sur les différents chantiers. Sur le chemin reliant la station de détente et l’endroit où le pipe devait traverser l’autoroute, nous remarquons des piquets métalliques plantés à même le sol et surmontés d’une sorte de toit qui portait des inscriptions que nous ne comprenions pas. Le chef de projet nous apprit que c’était là des pieux plantés le long de la conduite pour la concrétiser sur le terrain et éviter des fouilles qui pourraient la détériorer. Après l’autoroute, nous apprenons que la conduite est déjà posée et enfouie sous le sol et ce, jusque pas très loin de la fin du projet.


Reportage Vidéo :

روبورتاج: كنغاز بشعار الغاز لكل جزائري – YouTube

 


L’autre point visité se trouve au niveau de la commune de Bourached, plus précisément à la station de détente qui alimente cette dernière ville et d’où le gaz sera emmené jusqu’à Djamaa Ouled Sidi Cheikh. Une autre équipe s’affaire ici à mettre en place les assises en béton devant accueillir les équipements de détente (arrivée et départ) pour pomper le gaz vers sa nouvelle destination.

Le chef de projet nous invite à le suivre pour nous rendre à l’autre bout du projet, à Djamaa Ouled Sidi Cheikh. Nous empruntons alors une route sinueuse, qui tantôt monte et tantôt descend, si étroite qu’elle ne permet la circulation que pour un seul véhicule et, pour se croiser, il faut que l’un des deux véhicules s’arrête sur le bas-côté, en faisant très attention de ne pas se retrouver au bas du précipice. Nous mettons près d’une heure pour y arriver. En cours de route, nous voyons la conduite serpenter à travers monts et vallées, traversant parfois la foute que nous empruntons puis continuant tout droit, en descente et en montée, au gré des sinuosités de la nature montagneuse que nous traversons. Le pipe s’engouffre parfois à travers une forêt d’arbustes touffus pour réapparaitre de l’autre côté, et nous comprenons alors toute les difficultés qu’ont dû rencontrer ces hommes rudes et travailleurs qui ont participé à sa réalisation. Déjà, pour y arriver, les engins doivent se frayer leur propre chemin, penchés dangereusement au haut d’une colline abrupte, ou balançant au bord d’une tranchée de trois à quatre mètres de profondeur qui risque de s’effondrer à tout moment.

C’est une véritable gageure que de traverser ces contrées sauvages et fières, où l’ocre se marie au vert des feuillages et au bleu clair du ciel, entrecoupé du vol de rapaces très haut, se demandant sans doute ce que faisaient ces grandes sauterelles jaunes et ces humains sur leur territoire qu’ils creusaient et remblayaient à tour de rôle.
C’est au détour d’un grande virage que nous nous trouvons subitement en face de l’entrée du village que nous abordons avec étonnement car nous ne nous y attendions pas. Mais au lieu de prendre vers le village, c’est la direction contraire que nous empruntons sur près d’un kilomètre pour arriver à un grand chantier où une plaque de Kanagaz nous accueille et nous oriente.

Il y a plusieurs équipes qui travaillent là. Nous commençons par celle qui vient juste d’entamer le génie-civil de la station de détente d’où partira l’alimentation des maisons du village. Il y a des ferrailleurs, des maçons et des ouvriers qui s’affairent et nous remarquons que l’ossature se met en place. Un peu plus loin, au bord d’une tranchée, une autre équipe s’occupe à sertir les longs tuyaux métalliques et à les souder d’une façon spéciale avant de les poser au fond de la fouille et de les recouvrir de terre une fois tous les essais effectués. Au sommet d’une petite colline, avec une dénivelé de près de 20%, un engin est en train de creuser les derniers mètres de la tranchée. S’approcher du bord de la tranchée demande un courage assez fort. Soudain, on nous demande de nous éloigner car les soudeurs avaient terminé de raccorder les différentes parties du pipe et un engin plus gros qu’un camion commença à se mouvoir pour ajuster la canalisation et la poser de manière à ce qu’elle ne puisse plus bouger, avant les essais finaux.

Tous les hommes que nous avons rencontrés lors de cette visite faisaient leur travail avec une grande attention, les chefs d’équipe et de chantiers veillaient au grain car aucune erreur n’est permise, le gaz étant très volatile et peut causer des dégâts meurtriers s’il venait à s’infiltrer.

Le chef de projet nous expliqua qu’il a engagé plusieurs équipes afin d’accélérer la cadence des travaux et de terminer le projet avant la saison des pluies, très rude en ces régions de montagne.

Les habitants de Djamaa Ouled Sidi Cheikh, dans la wilaya d’Ain Defla, devrait passer un hiver plus chaud et plus confortable, se passant enfin des longues chaines pour acquérir une bouteille de gaz butane qu’ils devaient par la suite colporter jusque chez eux, à plus de 20 km, sans véhicule et sans des moyens de transport régulier.

Le mérite revient à l’Etat qui, malgré tout, a pensé à ces citoyens et a mis tous les moyens nécessaires pour améliorer leurs conditions de vie et aux travailleurs et cadres de Kanagaz qui se sont sacrifiés et qui mis les bouchées doubles pour terminer le projet et permettre à leurs concitoyens de passer un hiver au chaud.

Tahar Mansour

La patrie news (@lapatrienews) / Twitter