La France refuse les visas à des parents algériens dont le fils est hospitalisé à Rouen

La France refuse les visas à des parents algériens dont le fils est hospitalisé à Rouen

Depuis quatre ans, Wassim est hospitalisé au CHU de Rouen, dans le nord de la France. Son état de santé jugé très sérieux car l’adolescent, âgé de 14 ans, est atteint d’une leucémie de stade 4.

A la douleur de la maladie s’ajoute la souffrance de la solitude. Sur son lit d’hôpital, Wassim affronte, en effet, seul sa leucémie. Pour cause : ses parents sont en Algérie et ne peuvent se rendre en France, faute de visas.

« L’histoire est terrible », comme l’affirme la radio France Bleu ce samedi. Les parents de l’adolescent, malade dès l’âge de 8 ans, se sont résolus de l’envoyer en France, précisément à Rouen ou vit sa tante paternelle.

Lorsque son père est rentré en Algérie, il était sûr de pouvoir retourner, très vite, en France en compagnie de son épouse pour rester au chevet de leur fils. C’était sans compter sur le consulat qui a refusé de leur accorder des visas, mais aussi sur la pandémie de coronavirus qui a conduit à la fermeture des frontières entre les deux pays.

« Pendant ce temps, l’état de Wassim se dégrade au CHU de Rouen. Il subit une greffe qui ne fonctionne pas et est aujourd’hui en réanimation avec un pronostic vital engagé », détaille la même source.

En dépit de cette donne et surtout d’une mobilisation dans les deux pays, les parents n’arrivent pas à obtenir les visas. Au mois de juin, les services de l’ambassade de France en Algérie ont jugé le certificat médical daté du 17 juin  pas assez récent, réclamant dans la foulée l’original du certificat d’hébergement.

Alors, les médecins ont refait un autre que la famille de Wassim en France s’est chargée d’envoyer en ayant recours à une méthode typiquement algérienne, à savoir le confier à un passager en partance à Alger.

La réponse fut glaçante : « L’ambassade de France décide alors que s’il y a visa, ce ne sera que pour l’un des deux parents ».

Selon une amie française de la famille, « Wassim a réellement émis à voix haute le fait de se sentir partir et s’il doit s’endormir, son seul souhait serait de pouvoir le faire au moins dans les bras de ses parents ».

Entre-temps, la mobilisation ne faiblit pas. Bien au contraire, elle gagne en force. La famille a écrit au président français et à son épouse. Pour l’heure, aucune réponse ne leur a été adressée.

Skander Boutaiba