De Paris, contribution de Yasmina Houmad : La politique du caméléon

La politique du caméléon

Méfiez-vous des ralliés de la dernière heure, ces nouveaux « marsouins », ces faux thuriféraires d’hier qui ont tant tambouriné pour l’ex système vicié, pour son cadre et ses relais corrompus, et qui, aujourd’hui, veulent se refaire une nouvelle virginité politique et sociale sur le dos du projet de révision de la constitution.

Ces flagorneurs tartuffes étaient hier les plus zélés adulateurs des auteurs de la rapine et de la prédation des biens de la collectivité nationale, des encenseurs complaisants qui usaient, à chaque occasion et à chaque échéance électorale, de leur clientélisme et de leur népotisme, pour travestir la réalité « politique et sociale » des différentes régions du pays au profit d’un système inique, dévastateur et toxique.

Il faut se rappeler que le peuple avait subitement assisté à une série de revirements spectaculaires des nombreux faux thuriféraires et adulateurs tartuffes de l’ex non encore déchu à l’époque. Voyant le vent tourner, ces individus rejetés et abhorrés pourtant depuis fort longtemps par les citoyens et par les participants aux manifestations, hués, décriés et vilipendés, avaient changé de masque.

Avec effronterie, impudence, indécence et cynisme, ces courtisans sans limite avaient multiplié les déclarations sur les médias, pour tourner casaque et surtout nier complètement leurs choix mensongers.

Sur le même plan, la population n’avait cessé de dénoncer et de combattre ces cercles quasi-mafieux, depuis leur émergence. Des cercles criminels en col blanc qui s’accaparaient des biens de la collectivité en toute impunité, des cercles en col blanc et bleu qui bénéficiaient de colossaux passe-droits et privilèges dans pratiquement dans tous les domaines de la vie économique, avec souvent l’assentiment et/ou le laxisme de certains commis de l’Etat, devenus ou contraints d’être les serviteurs dociles de ces intérêts privés étriqués.

Une mainmise qui s’est consolidée avec le temps, se transformant, dans certains secteurs économiques, comme une privatisation des moyens de la collectivité nationale, au profit de cette caste qu’on peut qualifier de cynique et non scrupules, sans faire sourciller personne aujourd’hui. Certes, il ne s’agit plus de reproduire les mêmes pratiques que celles du passé, les pratiques d’exclusion et les pratiques claniques qui avaient le vent en poupe du temps de l’ex oligarchie prédatrice des ressources du pays.

Les institutions du pays restent ouvertes à toutes les bonnes volontés, sans exclusive, du moment que celles-ci s’inscrivent dans la vision de l’Algérie nouvelle pour la construction d’un Etat fort et juste avec l’ancrage d’une véritable démocratie et que ces « bonnes volontés » ne trainent pas des boulets de corruption ou de larbinisme avéré pour l’issaba et ses relais.

Car, on ne peut construire l’Algérie Nouvelle avec cette catégorie de forbans « incrustés » au sein des institutions publiques, partisanes ou de la société civile, sans susciter, de nouveau, la réprobation de la population, en attente d’un véritable renouveau sur tous les plans, notamment de la classe politique et de la société civile. C’est leur habitude, ce qui prouve, malheureusement, que les pratiques politiciennes, tant décriées par la population, n’ont pas complètement changé de ce côté-là, même si personne ne doute de l’existence de militants intègres au sein de nombreuses formations politiques.

La page est censée être définitivement tournée. Mais, les intrigues, malheureusement non, car ce qu’a vécu le pays durant l’été dernier avait tout l’air de machination et de cabale ourdie par les relais de l’ex oligarchie, encore tapis dans l’ombre des institutions et administrations publiques, et de malfrats terrés dans les fiefs de la criminalité.

Sur le plan politique et partisan, la réforme de la constitution est venue, à point nommé, tout comme les propositions du nouveau code électoral, pour concrétiser enfin les aspirations de la population dans ce domaine, celui de la loyale compétition électorale et du bannissement des agissements intolérables de certains élus nationaux.

Yasmina Houmad