La reine Kahina / Symbole de courage et de bravoure

La reine Kahina / Symbole de courage et de bravoure

Reine amazighe, connue pour sa grande beauté et son légendaire courage, Kahina régna sur plusieurs tribus berbères – dont la sienne, celle des Djerawa – dans la région des Aurès.

Nous sommes au VIIe siècle. Le chef de la dynastie omeyyade, Mouawiya 1er, décide de conquérir l’Afrique du nord. Engagé sur le terrain de la guerre, Okba Ibn Nafi’ Al Fihri, général de l’armée omeyyade est confronté aux troupes de Koceila, chef de tribu berbère, menant la résistance à la conquête musulmane au Maghreb. Après plusieurs confrontations, Koceila est tué en 686 au cours d’une ultime bataille en compagnie de Thabet, père de Kahina. Cette dernière n’hésite pas à prendre la tête de la résistance, réunissant autour d’elle les tribus amazighes qui refusaient de se soumettre aux Arabes. Kahina défait à deux reprises l’armée omeyyade aidée par les cavaliers des Banou Ifren. Le chef musulman Hassan Ibn Nou’man qui tente durant des années de capturer la guerrière, en lançant contre elle ses troupes à travers les vastes montagnes des Aurès ne cessera d’essuyer des échecs. Un jour, quelqu’un lui dira : « Les habitants redoutent Kahina et lui obéissent. Tue-la, et les Berbères se rendront. » Un conseil qu’il se hâtera de mettre à exécution.

Un règne qui dure cinq ans
L’hégémonie de la reine berbère sur tout l’Ifriqiya dure cinq ans. Période durant laquelle elle se taille une réputation de guerrière farouche. Cependant, en pratiquant la politique de la terre brûlée, détruisant les villes et enfumant les terres afin de détourner les Arabes, de les décourager et de les repousser, elle finit par tomber en disgrâce aux yeux de la population sédentaire citadine (grecque et berbère) et campagnarde. Ibn Nou’man tire, dès lors, profit de cette situation, il demande au calife ‘Abd al-Malik de lui envoyer des renforts. Fort d’une puissante armée, il reprend dès 702 l’offensive. La reine Kahina qui se sait acculée et sentant, sans doute, sa fin proche, conseille à ses deux fils de rallier les rangs des Arabes.

Kahina est tuée en 703 et son corps jeté dans un puits, qui va prendre son nom Bir Al Kahina (actuelle Bir El Atar, à 87 km de Tébessa). Selon la légende, sa tête aurait été coupée, embaumée et expédiée comme trophée au calife Abdel Malik, une version qui demeure contestée par les historiens.

Dihya ou Kahina la « Prophétesse »
Certains Chaouis l’appellent Dyhia Tadmut (belle gazelle), d›autres la désignent sous le nom de Damya, qui vient du verbe edmy en tamazight et qui signifie devineresse, quant à la majorité des écrits évoquant son parcours et sa fin héroïque, ils la désignent sous son surnom Kahena ou Kahina qui signifie prêtresse ou devineresse. Mais elle reste pour la population des Aurès Yemma El Kahina (maman Kahina), le symbole de référence du courage et de la bravoure des Berbères.

Kahina honorée à Baghai
En 2003, la commune de Baghai honore la mémoire de la célèbre guerrière en édifiant une statue à son effigie au centre de la ville. Cette commémoration qui intervient 1300 ans après sa disparition est une initiative de l’association Aurès El Kahina. L’œuvre sculpturale en acier Corten et sculptée par l’artiste Ali Boukhalfa qui s’est inspiré des anciennes pièces de monnaie est la seule érigée dans tout le Maghreb à la mémoire de la reine. Elle sera inaugurée par le président de la République Abdelaziz Bouteflika lors de sa visite dans la wilaya de Khenchela.

In Memoria