La Russie lui a dit « niet » : le Maroc enchaîne les déboires diplomatiques

La Russie lui a dit « niet » : le Maroc enchaîne les déboires diplomatiques

Nouveau camouflet diplomatique pour le Maroc. Alors que l’administration Biden a affirmé adopter une approche en discontinuité avec celle de Trump en ce qui concerne le Sahara occidental, voilà que la Russie déclare soutenir l’autodétermination du peuple sahraoui.

Hier jeudi, Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a écarté toute possibilité de s’aligner sur la position de l’ex-président américain concernant la prétendue marocanité du Sahara occidental.

« Nous avons déjà commenté cette décision de l’administration américaine. Nous parlons de la déclaration du ministère russe des Affaires étrangères du 12 décembre 2020. Nous avons considéré que la décision de l’administration américaine portait atteinte au cadre juridique international reconnu pour le règlement du dossier du Sahara occidental. Ce cadre stipule la détermination du statut de ce territoire par un référendum sous l’égide des Nations Unies. Je ne peux que réaffirmer cette approche pertinente », a-t-il souligné.

La porte-parole de la diplomatie russe a précisé que la position de son pays demeure « inchangée ». « Nous pensons également que la reprise des négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario sous la médiation de l’ONU aiderait à débloquer le processus de paix », a-t-elle ajouté.

Le zèle mal placé et l’impertinence diplomatique du makhzen l’ont mis dans une situation inextricable dont il n’arrive pas à s’extraire. Hier jeudi, le Parlement européen a voté une résolution qui reconnaît l’utilisation par Rabat de migrants comme moyen de pression. En somme, une condamnation.

Sur le dossier du Sahara occidental, le régime de Mohammed VI subit des revers en cascade. En résumé, l’arroseur est arrosé.

Selon la chaîne de télévision espagnole La Sexta, reprise par le site marocain Yabiladi, le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, pourrait se réunir brièvement avec le président américain, Joe Biden, en marge du sommet de l’OTAN prévu pour lundi 14 juin à Bruxelles.

La question du Sahara occidental est inscrite sur l’agenda des discussions entre les deux dirigeants. L’Espagne n’a pas cessé, en effet, de dénoncer la décision prise sur le tas par Donald Trump.

D’ailleurs, ladite décision n’a pas été suivie d’actions concrètes en faveur des thèses marocaines de la part de la nouvelle administration. Pour rétorquer, le Maroc tente, une fois de plus, de jouer la carte de la pression en ralentissant la cadence de sa normalisation avec l’occupant israélien.

Son diplomate chargé de diriger le bureau de liaison à Rabat peine à trouver un endroit approprié pour ses bureaux. Le makhzen lui a, bel et bien, proposé un bâtiment mais Israël l’a refusé. Car, il veut que le bureau soit installé dans le quartier diplomatique avec d’autres ambassades, « dans l’espoir que la mission puisse devenir une ambassade à part entière », selon Haaretz.

Dans le même temps, le royaume a reporté ou annulé les visites de ses ministres à Tel Aviv. Il a également ordonné aux équipes locales de football d’annuler des matchs amicaux avec des équipes de l’occupant.

S’ajoute à cela,  un blocage des accords bilatéraux entre des entreprises et des institutions que des responsables de l’occupant israélien jugent intentionnel.

Ce vendredi, la diplomatie marocaine a tenté de réagir à la résolution du Parlement européen via un communiqué. Laquelle réaction a été jugée molle y compris par les propagandistes du palais royal.

Skander Boutaiba