La Russie réduit les quantités de gaz exportées en Europe : Possible repositionnement de l’Algérie ? 

La Russie réduit les quantités de gaz exportées en Europe : Possible repositionnement de l’Algérie ? 

Ne parvenant pas imposer, par la voie diplomatique, son veto à l’intégration de l’Uktraine à l’Otan, la Russie recourt à une arme plus persuasive pour rallier à sa cause les pays européens.

Elle réduit drastiquement la fourniture de gaz au vieux continent, le mettant dans une situation compliquée à une saison de surconsommation de cette énergie.

Le journal français Les Echos a consacré une large manchette au sujet. Il a mis en lumière la promptitude de la Russie à utiliser « le gaz comme une arme vis-à-vis de l’Europe, alors que les tensions sont à leur comble entre les capitales occidentales et Moscou en raison de l’Ukraine ».

Dans cet article, il est précisé que Gazprom, le géant pétrolier russe, prend en charge « entre 35 % et 40 % de la consommation de l’Europe, une position dominante dont il joue à plein ».

Il a baissé unilatéralement, depuis l’automne 2021, ses exportations vers ses clients européens à 11 milliards de mètres cubes par mois, avec la perspective de ne les approvisionner qu’à hauteur de 8 milliards de mètres cubes en moyenne en janvier 2022.

Il leur fournissait habituellement 13 milliards de m3 mensuellement.

Pour l’heure, l’augmentation des exportations de la Norvège et de l’Algérie, deuxième et troisième fournisseur de l’Europe en gaz naturel, ne comble pas le déficit provoqué par la Russie, qui profite une énième fois de son hégémonie sur le marché européen.

Selon les données livrées par la Commission européenne en 2019 et 2020, la Russie a fourni respectivement 43,4% et 45,5% des importations de gaz de l’Europe, la Norvège 22,7% et 20% et l’Algérie 11,6% et 12%.

Au trimestre 2021, la part totale de la Russie dans les approvisionnements de l’Union européenne (gaz de canalisation et gaz liquéfié) a caracolé à 50 %, à chaque épisode de vives tensions entre la Russie et l’Ukraine ou la Crimée, l’Europe, impliquée latéralement dans le conflit, est privée insidieusement de gaz russe.

En 2005, 2007, 2009 et 2014, des millions de foyers européens ont été privés de chauffage, à des périodes de grands froids.

L’Algérie a été, à chaque fois, appelée à la rescousse sans profiter vraiment de la conjoncture. Pourrait-elle se redéployer, aujourd’hui durablement, sur le marché européen ? Difficile à dire.  Les pays européens semblent envisager sérieusement, selon les médias, de s’affranchir de la quasi-dépendance du gaz russe en accordant de plus grandes parts du marché aux autres fournisseurs traditionnels.

Un repositionnement avantageux de notre pays dépendra, à vrai dire, des capacités du groupe pétrolier national à honorer des commandes plus importantes, de manière structurelle.

L’Algérie prévoit certes d’augmenter sa production de gaz à plus de 140 milliards de m3 à échéance 2023.

A ce titre, « Sonatrach multiplie les projets d’exploration en propre et en partenariat sur les régions gazières du sud-ouest algérien mais aussi dans l’offshore ». Le groupe s’investit aussi dans le développement des ressources non conventionnelles. D’autant que le pays occupe la troisième place mondiale en matière de réserves des capacités de gaz de schistes.

Soulef B.  

 

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