Le livre « Arabesques américaines » d’Ahmed Bensaada cité dans un procès en Turquie : Une incontournable référence pour cerner les « printemps arabes »

 
Le livre « Arabesques américaines » d’Ahmed Bensaada cité dans un procès en Turquie : Une incontournable référence pour cerner les « printemps arabes »

 

L’universitaire et analyste algérien Ahmed Bensaada est une référence incontournable s’agissant d’autopsier les méthodes nouvelles développées par l’Occident pour faire tomber partout dans le monde les régimes qui ne l’agrée pas. Son dernier livre, paru récemment sous une version actualisée sous le titre « Arabesques », a même été cité en référence par le procureur d’Istanbul dans le procès des violentes manifestations du Parc Gezi en Turquie. Il s’agit là à n’en point douter d’une remarquable consécration internationale.  L’écrivain et chercheur algérien, également auteur du livre-clé « qui sont les auteurs autoproclamés du Hirak », a décortiqué en profondeur ces mouvements de « regime-change », théoriquement non-violents. Mais qui ne le sont qu’en apparence, histoire de tromper les médias et la vigilance de l’opinion publique. Le même modus operandi a été utilisé e Egypte, en Tunisie et dans d’autres pays durant les « printemps arabes. La relève est venue sous le vocable d’ « Otpor » (résistance) depuis Belgrade, puis Canvas en Serbie, pour donner « démocratiquement le pouvoir aux nazis de la brigade Azov et au « président Volodymy Zelensky. L’Algérie n’a d’ailleurs pas été épargnée par ce complot planétaire, dont le réseau essaime sur plus d’une dizaine de pays, avec des sessions de formation dispensées par des experts en agit-prop à des centaines de « militants », dont beaucoup ont infiltré le hirak authentique, avant de tenter de le récupérer pour un faire un néo-hirak visant à faire tomber l’Etat algérien, à l’image de ce qui s’est produit en Libye. Des partis politiques comme le RCD, le Taj ou encore des ONG comme la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LAHDD), ont été formés – financés aussi pour certains d’entre eux – par les Occidentaux, plus particulièrement par les USA pour faire entrer l’Algérie dans le tourbillon du «printemps arabe». Ces révélations sont contenues dans l’essai d’Ahmed Bensaada. Arabesque$, Enquête sur le rôle des États-Unis dans les révoltes arabes est l’actualisation d’un précédent travail publié en Algérie en 2012. Se rendant compte, à l’instar de quelques intellectuels, de la très forte et intrigante implication des États-Unis dans les soulèvements populaires qui secouèrent la Tunisie et, à sa suite plusieurs pays arabes, l’auteur va mener une enquête au pas de charge mais avec une rigueur scientifique imparable. Cette dernière est publiée avec une grande célérité sous forme d’un essai intitulé Arabesque américaine dès avril 2011. L’actualisation de l’essai apporte, dans sa version de 2015, de nouvelles informations ainsi que plus de précisions car Bensaada a continué son immersion dans les archives officielles américaines et profite de cette manne inespérée qu’offre, à partir de 2011, la publication de milliers de câbles diplomatiques US par Wikileaks. L’investigation, menée avec une adresse chirurgicale, aboutit à la description et à l’explication du rôle joué par les États-Unis dans les révoltes ont pulvérisé les pouvoirs de plusieurs dictateurs mais ont, par la même occasion, précipité pratiquement tous les pays touchés dans un chaos infernal fait de guerres civiles, de morts par dizaines de milliers, des millions de personnes chassées de chez elles et de destructions qui impacteront douloureusement les peuples pendant des décennies. Pour reconstituer l’immense puzzle américain mis en place à la mode d’un guet-apens, Bensaada démêle une à une les pièces qu’il a accumulées lors de ses recherches pour les remettre à la bonne place dans son essai. Il en arrive ainsi à situer les organismes, ONG, fondations privées et entreprises multinationales du numérique mobilisés par les autorités étasuniennes pour opérer les changements dans les pays arabes tels que l’exigent ce que eux mêmes dénomment leurs « intérêts nationaux ». Il s’agit de montages sophistiqués qui ne lésinent pas sur les moyens techniques et financiers. Bensaada décrit, explique et commente le rôle de la NED (National endowment for democracy en français la fondation nationale pour la démocratie) qui a pris en charge une bonne partie des missions assumées jusque dans les années 80 par la CIA. Il lève le voile sur les actions confiées au National démocratic institute (NDI), qui soit dit en passant a été actif pendant des années en Algérie, à Freedom House et à tant d’autres organismes directement liés à l’administration américaine et coordonnés par la CIA. Comme il met en lumière les efforts politiques logistique et financiers consentis par le milliardaire spéculateur Georges Soros qui a été très actif contre les gouvernants serbes et ukrainiens entre autres. La démonstration s’ingénie ensuite à suivre les fils conducteurs jusqu’aux nombreuses ramifications à travers des hommes qui s’avèrent avoir des historiques révélateurs pour avoir occupé des postes dans les services de renseignement ou dans la haute administration. Ces ramifications conduisent jusqu’à l’American Israël public affairs Commitee AIPAC le fameux et puissant lobby juif acquis corps, âme et finances au sionisme et à l’entité sioniste.Pour revenir au procès turc, le procureur affirme que la résistance de Gezi a été organisée par des agitateurs turcs formés par des exportateurs professionnels de la révolution serbe, sous financement occidental, dans le but de renverser le gouvernement et notamment contre Recep Tayyip Erdoğan. Accusé d’avoir comploté contre le gouvernement, le prétendu mécène Osman Kavala a été condamné à la prison à vie. Ses sept coaccusés, accusés ont été condamnés à dix-huit ans de prison. Kavala, 64 ans, est accusé d’avoir cherché à renverser le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan par le financement des manifestations antigouvernementales dites « mouvement de Gezi », en 2013, et lors du coup d’Etat raté de juillet 2016. L’affaire Kavala a déclenché en octobre 2021 une crise diplomatique. Ankara avait menacé d’expulser une dizaine d’ambassadeurs occidentaux, dont celui des Etats-Unis.

https://birikimdergisi.com/guncel/10993/avukat-fehmi-demirin-gezi-parki-davasi-karar-durusmasindaki-konusmasi

Mohamed Abdoun

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