Législatives à Alger: Les espaces d’affichage très peu exploités

 Législatives à Alger: Les espaces d’affichage très peu exploités

Après une première semaine de campagne électorale rythmée par de nombreux meetings populaires, les espaces d’affichage installés par les collectivités locales demeurent peu exploités dans la capitale par les candidats aux législatives du 12 juin prochain, a-t-on constaté.

Alors que les campagnes d’affichage débordaient souvent en dehors des espaces réservés à cet effet, lors de précédents rendez-vous électoraux, quelques affiches de candidats tapissent les panneaux installés par les collectivités locales dans les rues et quartiers de la ville d’Alger.

Dans des communes comme Kouba, Bab El Oued, Belouizdad, Hussein Dey, Sidi Mhammed ou encore Bab Ezzouar, qui comptent plusieurs sites d’affichage chacune, peu d’affiches de formations politiques en lice pour les législatives ont fait leur apparition timidement après le lancement de la campagne électorale.

Le citoyen pourra difficilement trouver des affiches de formations politiques alors que les listes indépendantes restent encore peu visibles dans ces espaces.

Interrogée par l’APS, la directrice de campagne du parti Jil Jadid pour la wilaya d’Alger, Meriem Saidani, a expliqué que sa formation politique a fait le choix de retarder l’affichage à la fin de la première semaine de campagne pour «laisser le temps aux citoyens de s’habituer à cette ambiance de campagne électorale et éviter la dégradation des affiches».

Fayçal Medjahed, candidat et chargé de presse de la liste indépendante «Laâlam», a également indiqué que le «rythme de la campagne électorale reste assez bas les premiers jours» ce qui a conduit à retarder l’affichage de cette liste de la wilaya d’Alger.

Pour l’universitaire Nesrine Saâdoune, enseignante de sémiologie à l’Ecole supérieure de journalisme, les affiches qui circulent majoritairement sur les réseaux sociaux «manquent d’éléments esthétiques et de symbolique» dans leur conception, particulièrement dans la présentation des photos des candidats, «généralement petites et encadrées en opposition aux images des chefs de partis, toujours plus grandes et sans cadre».

Evoquant les différentes conceptions qu’elle juge «improvisées» pour cause d’utilisation abusive des applications d’infographie accessibles aux profanes, Nesrine Saâdoune évoque la volonté de la majorité des candidats de toucher la fibre patriotique de l’électeur par l’utilisation des couleurs de l’emblème national, alors que le fond bleu, «symbole de calme et de confiance», fait parfois son apparition.

Elle relève également l’exploitation de symboles religieux dans la conception des affiches de candidats pour jouer sur la fibre religieuse des électeurs et une représentation parfois «négative» de la femme par une tendance à cacher les visages des candidates qui pose un «sérieux problème de crédibilité et de confiance».

Les réseaux sociaux comme alternative

Sur les réseaux sociaux, de nombreux candidats à l’Assemblée populaire nationale, dans le cadre des listes de partis politiques ou d’indépendants, avaient lancé leurs campagnes virtuelles respectives quelques jours avant le début officiel de la campagne électorale pour ces élections législatives anticipées.

Meriem Saidan indique que Jil Jadid a décidé «d’inclure un QR code dans les affiches renvoyant directement au site internet et pages des réseaux sociaux du parti» pour avoir accès aux listes et à son programme.

De son côté, le directeur de cabinet du Tajamoue Amel El Jazair (Taj) a confié que son parti a accordé une grande importance à la communication sur les réseaux sociaux en «installant un responsable de la communication digitale dans chaque circonscription électorale», estimant que cet outil peut «toucher un grand nombre de citoyens et de jeunes».

Des professionnels de la communication estiment que ce procédé, moins couteux, peut avoir un «plus grand impact» que des affiches ou un meeting avec «moins de difficultés financières et logistiques».

Un simple vidéo peut toucher «un plus grand nombre de citoyens, à partir de chez eux, qu’un rassemblement dans un stade de football», expliquent-ils. Pas moins de 1483 listes électorales, dont 837 indépendantes et 646 listes de partis politiques, sont en lice pour les législatives du 12 juin prochain. La campagne électorale pour ce rendez-vous a été lancée jeudi 20 mai.

APS