Législatives du 12 juin : veillée d’armes pour les candidats

Législatives du 12 juin : veillée d’armes pour les candidats

C’est un peu comme les candidats au baccalauréat ou pour un examen vital : la fébrilité, l’énervement, les pensées morbides teintées d’espoir contenu, la peur insidieuse et le ‘tout faire pour réussir’, habitent tous les candidats aux prochaines législatives du 12 juin 2021, des électionsspéciales, sur lesquelles la Nation algérienne porte tous ses espoirs. C’est donc demain que la campagne électorale débutera et durera 21 jours, des journées longues, fatigantes, éreintantes même, au cours desquelles chaque candidat, parrainé par un parti ou non, devra faire montre de créativité, d’un bagout inégalable, apporter des preuves de ses capacités à apporter sa propre pierre à l’édifice de l’Algérie nouvelle. En vérité, la campagne a déjà commencé avec le recueil des signatures nécessaires, avec le dépôt des dossiers, elle a aussi commencé avec les parents, les amis et tous ceux qui gravitent autour de chaque candidat, de chaque parti. Déjà, avant le dépôt des dossiers, chacun se mesurait à l’aune de ses connaissances, de sa connaissance, de sa popularité, acquise de longue date ou forcée à coup de dinars et de promesses.

Mais, aujourd’hui, à la veille du lancement officiel de la campagne électoral, ce sont l’ensemble des électeurs qui sont visés, qu’il faut convaincre, qu’il faut mettre en confiance avec, en face, des concurrents tout aussi aguerris, des personnes aux capacités peut-être plus grandes, ou juste plus chanceuses, qui sauront attirer l’attention des électeurs et se faire aimer d’eux.

Veillée d’armes aussi pour peaufiner les préparatifs, pour embellir les apparences, pour montrer le meilleur de soi-même, à coup de sincérité et de mensonges, à coup de promesses difficiles à tenir, à coup d’envolées lyriques et d’erreurs fatales. Il n’est pas question de dormir, nombreux sont qui sont déjà en campagne, quelques heures avant le zéro heure du jeudi 20 mai 2021, une date qui sera gravée dans les mémoires des candidats et de leurs mentors.

Veillée d’armes pour être parmi les premiers, parmi les meilleurs, pour être le meilleur, pour avoir le plus grand nombre de voix, pour se pavaner, aussitôt les résultats connus, dans ses meilleurs atours, l’air déjà supérieur de celui qui a réussi ou, au contraire, se retirer, se faire tout petit, se faire oublier et, surtout, oublier sa défaite et sa déconfiture.

Les candidats sincères (existent-ils vraiment ?) se sentent portés par leur foi, par la force de leurs croyances, par leur volonté de servir leur peuple, les autres useront d’artifices et de mensonges, achetant les uns et les autres, se vendant en même temps au diable pour un poste qui n’en est pas un et pour une autorité fictive qui les entrainera dans les méandres de la corruption et du clientélisme.

Veillée d’armes pour arriver à Alger, avoir ses entrées partout à travers le pays, pour faire entendre sa voix ou celle de tous ceux qui ont voté pour lui, le candidat d’aujourd’hui sera-t-il différent de celui d’avant ? Pourra-t-il arriver à se faire élire sans s’allier au diable ? Aura-t-il les coudées franches pour porter haut et fort les revendications de la base dont il a tiré sa force ?

Mais la veillée tire à sa fin et c’est plutôt un lève-tôt qui se profile pour se lancer corps et âme dans cette lutte de leadership qui ne finira jamais, dans cette course effrénée et souvent déraisonnée vers les postes supposés élevés dans la hiérarchie sociale, dans cet examen sans diplôme ni emploi, mais qui permet d’être considéré comme l’idéal de la réussite.

L’Algérie moderne attend avec impatience l’émergence d’une nouvelle race de députés, sincères, incorruptibles, blancs comme neige et ne cherchant qu’à travailler dur pour porter l’Algérie vers les cimes.

Notre pays aura-t-il la chance de bénéficier de ces compétences incorruptibles ? Tout le monde l’espère de tout son cœur ?

Tahar Mansour