Les policiers français jettent leurs menottes à terre

En colère contre le ministre de l’intérieur

Les policiers français jettent leurs menottes à terre

Après les mots, les gestes. Alors que Christophe Castaner, le ministre français de l’Intérieur,  a tenté jeudi 11 juin de désamorcer la colère des policiers, sans y parvenir au regard des réactions virulentes à ses entretiens avec les syndicats de police, la colère continue de monter dans les rangs des forces de l’ordre.

« Les flics de France ne considèrent plus Christophe Castaner comme le supposé premier flic de France. Il nous a lâchés lundi, nous a jetés en pâture. A lui de gravir une seconde fois l’Everest de la confiance », a tonné Yves Lefebvre, secrétaire général d’Unité SGP Police, cité par des médias français, appelant ses collègues « à ne plus interpeller, à ne plus intervenir ».

Á l’appel du syndicat, des rassemblements ont eu lieu en fin de journée dans plusieurs villes, comme à Saint-Etienne, Marseille, Nice, Bordeaux, Bobigny, Toulouse ou encore Lille où, sous la pluie, une centaine de policiers vêtus de leurs uniformes, et portant un masque, ont notamment crié « Castaner démission », avant d’entonner la Marseillaise. Á chaque fois, les policiers ont symboliquement jeté à terre leurs menottes.

Les syndicats avaient déjà tiré la sonnette d’alarme auprès de Frédéric Veaux, lui faisant part, qui de « l’écœurement », qui du « sentiment d’abandon » des policiers après les déclarations du ministre.

Si selon Unité SGP Police, Christophe Castaner a concédé une « erreur » en évoquant lundi l’hypothèse d’une suspension d’un agent en cas de « soupçon avéré » d’acte ou de propos raciste, les causes du courroux sont plus larges : l’interdiction de recourir à la « clé d’étranglement » comme technique d’interpellation, ce qui équivaut, selon les syndicats, à les laisser sans moyen pour arrêter des personnes violentes, ainsi que la « tolérance zéro » pour les faits de racisme dans la police, vue comme une accusation générale.

Mais aussi le contexte, celui de la mort de George Floyd aux Etats-Unis sous le genou d’un policier, qui a ravivé en France les accusations de violences policières et de racisme. Accusations ramenées à la surface par le comité Adama Traoré, du nom d’un jeune homme noir décédé en 2016 après son interpellation par des gendarmes.

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