L’opposition de pacotille

L’opposition de pacotille

Le « projectile de gros calibre » de « l’élu » du vieux parti, est, en réalité, un scandale de polichinelle car de nombreux observateurs connaissaient déjà depuis plusieurs années, les abus et les graves dérives des régimes spéciaux de la retraite dont bénéficiaient les ex hauts cadres de l’administration, les ex responsables de divers secteurs, les exmembres des instances dirigeantes de l’ex parti unique et surtout les ex « élus » nationaux de tout bord politique. La frappe « chirurgicale » n’a pas ciblé par hasard les membres du CNT, instance législative « multicolore » transitoire des années de braise qui n’a fonctionné que durant trois années.

Ces derniers se sont, de tout évidence, fabriqués des parachutes en or, une tirelire illimitée en espèces sonnantes et trébuchantes sur le dos du Trésor public et de l’argent des cotisants à la CNR. Les politiques de gestion des retraites menées par les tenants de l’ex régime, au-delà de ce se tramait en sous-main pour les régimes spéciaux, ont été souvent des fuites en avant, des atermoiements contre-productifs, des ajournements répétés de la prise en charge d’une question aussi sérieuse qu’inévitable dont le sort de millions d’Algériens en dépend.

Certains responsables politiques de l’époque, de mauvaise foi, étaient allés, avec des déclarations incendiaires, allant jusqu’à culpabiliser fortement les retraités eux–mêmes accusés à tort d’être les seuls responsables de la situation difficile traversée par la Caisse Nationale de Retraite, alors que le commun des mortels savait pertinemment que cela n’était pas le cas. En attaquant les avantages indûment octroyés aux membres du CNT, l’élu d’un parti de l’ex alliance présidentielle, fredonne, en fait, un air pas si étranger aux Algériens, celui de la « collusion » réelle ou supposée de toute la classe politique, sauf exceptions, sur le bénéfice de prébendes, notamment financières, avant tout autre considération, les divergences politiques et partisanes n’étant que des écrans de fumée vaporisés à la population. Il faut dire que parmi les membres du CNT de 1994, bénéficiaires de ces « profits abusifs », il y a des personnes qui sont devenus des personnalités politiques de premier plan, notamment des chefs de partis « d’opposition », des « oies blanches », prétendument chantres de la démocratie, de la lutte contre la corruption et parangon de la vertu.

Interrogé sur le sujet par des confrères, le chef d’un parti d’opposition, ex membre du CNT, se présentant comme le barde de la moralisation de la vie politique, n’a fait que bafouiller des propos incongrus et trouver des justificatifs spécieux pour légitimer ces « abus scandaleux ». Prétendant, toute honte bue, que cette pratique se fait partout dans le monde, arguant que d’autres ex élus, ex hauts responsables et ex membres du comité central de l’ex parti unique, en ont bénéficié et en bénéficient toujours depuis des décennies. Et d’ajouter, sans le moindre scrupule, qu’il est normal, d’assurer à des responsables politiques, « élus ou désignés » des revenus réguliers, après leurs fins de fonctions. Carrément indécent quand on connaît la situation de centaines de milliers de travailleurs devenus du jour au lendemain, sans ressources du fait des compressions d’effectifs, des restructurations et des liquidations-dissolutions. Avant de finir en avançant un argument politique, l’accusateur aurait usé de cette « dénonciation » pour faire tout simplement capoter le dialogue national, notamment entre le pouvoir et l’opposition. Pourtant chacun sait qu’un homme politique malhonnête, c’est comme un cerf-volant : il est gonflé de vent, il se pare de belles couleurs pour séduire, et lorsqu’il vole, il est en général manipulé par quelqu’un qui tire les ficelles ! Un homme politique réduit souvent sa vie et sa vision du monde à quelques phrases simplistes qui lui servent de slogans pour se faire comprendre du plus grand nombre. Il suffit qu’un homme politique croie à ce qu’il dit pour que les autres cessent d’y croire : ça, c’est la perversité propre au champ politique. Surtout de la part de personnalités politiques de « l’opposition » alléguant être des oies blanches. Sachant aussi que le peuple Algérien n’est pas dupe, non plus, vis-à-vis de cette opposition tellement décrédibilisée et maintenant honteusement démasquée.

Yasmina HOUMAD

 

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