Lotfi Benbahmed à propos du lobbying de certains pharmas : « Nous ne sommes pas des comptoirs coloniaux où l’on déverse des produits finis »

Lotfi Benbahmed à propos du lobbying de certains pharmas : « Nous ne sommes pas des comptoirs coloniaux où l’on déverse des produits finis »

Le ministre de l’Industrie pharmaceutique Lotfi Benbahmed, a une fois de plus dénoncé  « une forme de chantage » que voulait exercer un laboratoire étranger, allusion faite à Novo Nordisk, qui a tenté de créer des tensions sur un produit vital comme l’insuline.

« Nous leur avons imposé de baisser leur prix de 20%, comme c’était le cas dans de nombreux pays. Or, la facture d’importation de ce produit s’élève à quelques 400 millions de dollars, ce qui pèse lourd sur le budget de l’Etat et les caisses de la sécurité sociale», a rappelé le ministre lors de son intervention, ce mardi, sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale.

« Dans la nouvelle Algérie, en application du programme du président de la République, nous avons expliqué à l’ensemble des multinationales présentes dans l’industrie pharmaceutique nationale que nous avions constaté des phénomènes que nous dénonçons », a-t-il encore relevé.

Il s’agit notamment aux dires  de Benbahmed, de « la surfacturation des matières premières, le non respect de certains engagements, des prix plus élevés que chez les opérateurs voisins et surtout, les pratiques de certains laboratoires étrangers qui, en 20 ans de présence, n’ont pas respecté leurs engagements de production nationale »

Lotfi Benbahmed a dans ce sens, mis en avant, « les intentions de l’Algérie dans le domaine de l’industrie pharmaceutique ».

« Sans rentrer dans une polémique stérile, l’Etat algérien est déterminé à défendre ses intérêts et à mettre en place une politique pharmaceutique basée sur le principe du gagnant-gagnant », a-t-il insisté.

Ainsi dire, pour le premier responsable du secteur de l’industrie pharmaceutique, les choses sont claires.

« Nous ne sommes pas des comptoirs coloniaux où l’on déverse des produits finis à n’importe quel prix en exerçant des lobbyings », a-t-il mis en garde.

Aussi, « après avoir renforcé le cadre légal par la publication de près de 60 textes, décrets exécutifs et arrêtés ministériels, mis en place l’outil de régulation et de numérisation,  à savoir l’Observatoire national sur la disponibilité du médicament et la plateforme numérique qui nous permet d’avoir les stocks hebdomadaires, mais aussi d’intégrer les programmes d’importation et de production, il était fondamental pour le ministère de l’Industrie pharmaceutique d’identifier l’ensemble des acteurs du secteur du médicament », explique encore Lotfi Benbahmed

Cette opération de mise en conformité, d’assainissement et de mise à jour des agréments en application du nouveau cahier des charges pour la distribution du médicament lancée en février 2021,  « a permis, de réduire le nombre de 890 distributeurs agréés à 286 grossistes, mais aussi d’une centaine d’importateurs de médicament » a-t-il soutenu.

Ces opérations ont également ouvert la voie à l’Algérie « de passer à 25 producteurs/importateurs».

Non seulement. Lotfi Benbahmed, a fait état de « la correction de défauts de traçabilité qui pénalisait le marché du médicament et permettait des trafics de médicaments détournés en psychotropes et autres phénomènes de spéculation, la divulgation de l’existence de distributeurs fantômes, à qui les producteurs facturaient des quantités de médicaments détournés en psychotropes. »

« Désormais, nous savons exactement où se trouve chaque stock de médicaments en Algérie », note encore le ministre qualifiant cette étape de « fondamentale pour assurer la sécurité sanitaire ».

M.M.H

Related Articles

Stay Connected

22,765FansJ'aime
3,330SuiveursSuivre
0AbonnésS'abonner
- Advertisement -spot_img

Latest Articles