Médias et manip : quand Marco Peckel confond entre stagnation et avancée à… reculons !  

Hachemi Ahmed

Médias et manip : quand Marco Peckel confond entre stagnation et avancée à… reculons !  

Marco Peckel traine un CV impressionnant. Consultant des plus importants titres de presse latino-américains, il voyage donc forcément beaucoup.

Lors de son passage par l’aéroport international Ben Gourion, en Palestine occupée, il s’est amusé à classer selon des critères obsolètes et anachroniques des Etats des Moyen-Orient qui avancent, et d’autres pas.

A l’en croire, nous ferions partie de cette seconde catégorie. Or, qui n’avance pas recule. L’Algérie reculerait donc, suivant ces canons de jugement.

A l’en croire la pleutrerie et la trahison seraient des critères essentiels pour aller de l’avant, avancer. Et au diable ceux qui n’arrivent pas à suivre.

Oui. L’entité sioniste a très certainement des choses très intéressantes à nous donner. Mais pas sur des monceaux de cadavres du peuple palestinien.

Marcos Peckel, dont nous devinons le fonds de la pensé, accepterait-il que les recherches scientifiques des nazis puissent se faire en sacrifiant des milliers de juifs, de communistes, d’anarchistes, ou simplement de démocrates ? Or, c’est ce que fait présentement l’entité sioniste.

Le vieux slogan qui dit « une terre sans peuple pour un peuple sans terre », ne devrait plus avoir court présentement.

S’attacher au droit international et à celui des peuples de vivre dignement et librement, n’est pas du tout stagner.

Quant à cette idée dans l’air de tirer à vue sur l’Iran et le Hezbollah, c’est avouer avoir subi un lavage de cerveau complet après son passage par la Palestine occupée.

L’exemple le plus édifiant c’est ce rapport vide d’une quarantaine de pages transmis à l’UE par l’entité sioniste pour qualifier de terroristes six ONG qui soutiennent la Palestine.

Non, monsieur Marcos Peckel, la résistance à l’oppresseur n’est pas du terrorisme. L’Algérie avance. Ne stagne pas. Même si ce n’est pas dans le sens voulu par certains.

Afin que le lecteur puisse se faire une idée précise de cette fausse polémique, nous lui soumettons le texte de Marcos Peckel paru dans El spectador, de même que la mise au point de notre ambassadeur  en Colombie Hachemi Ahmed.

Bonne lecture.

La Patrie News

 

Marcos Peckel – journal ‘El Espectador’, 17 novembre 2021

Bogota

Le nouveau Moyen-Orient

En parcourant il y a quelques jours l’aéroport international Ben Gurion en Israël, j’ai pu voir de gros panneaux annonçant des vols directs de l’État juif vers Casablanca, au Maroc, Dubaï et Abu Dhabi aux Émirats, Manama au Bahreïn et Le Caire en Égypte, en plus de la douzaine de fréquences quotidiennes qui font la navette entre Istanbul et Tel Aviv depuis des années. Une réalité impensable il y a quelques années, tout comme le fait que l’espace aérien saoudien soit ouvert aux vols à destination d’Israël.

Au moment où les États-Unis cherchent à se marginaliser de la région après leur retrait d’Afghanistan, les États de la région s’adaptent à une réalité post-américaine, post-pétrole et affectée par le changement climatique. Dans cet environnement dynamique, certains progressent, d’autres stagnent.

Les accords Abraham, signés l’année dernière, ont ouvert la porte à une nouvelle réalité de coexistence, de coopération et d’échange entre Israël et les pays arabes, dont les perspectives sont très prometteuses. Ce n’est qu’une question de temps avant que d’autres pays ne rejoignent cette tendance d’établir des relations ouvertes et formelles avec Jérusalem. Israël a beaucoup à offrir aux pays arabes dans une grande variété de domaines, qu’il s’agisse de l’innovation, de l’eau, de la technologie, de la médecine, de la coopération militaire et du soutien diplomatique. Le paradigme selon lequel aucun pays arabe n’établirait de relations avec Israël tant que la question palestinienne n’aurait pas été résolue a été brisé.

Il y a cependant un autre Moyen-Orient qui sombre dans des conflits sectaires, qui dit non au progrès et à la prospérité. Des nations victimes, entre autres, d’une ingérence iranienne préjudiciable. Le premier est le Liban, accablé par la présence du Hezbollah, prête-nom de l’Iran, qui impose sa volonté par les armes, beaucoup plus puissante que celles de l’armée nationale. Cette organisation, qui a beaucoup à expliquer concernant l’explosion catastrophique au port de Beyrouth, empêche le pays de s’approcher d’Israël, ce qui apporterait d’immenses avantages à la population libanaise, à commencer par l’exploitation conjointe des champs de gaz en Méditerranée.

Les récentes élections législatives en Irak ont envoyé un message clair : ça suffit de l’ingérence iranienne. Le pays qui a souffert l’indicible cherche à trouver son destin. Lors d’une récente convention des dirigeants irakiens, des représentants de plusieurs groupes ont fait un appel à établir des relations avec Israël. Des intermédiaires de l’Iran ont répondu par des menaces.

Pendant ce temps, au Maghreb, le Maroc récolte des victoires diplomatiques et sociales tandis que l’Algérie, souffrant d’instabilité politique et de crise sociale et tirant une page du passé, a rompu ses relations avec Rabat en raison de la question dépassée du Sahara. Un autre pays qui stagne.

Pour les Palestiniens, les accords d’Abraham constituent un dilemme, en particulier concernant le nouveau leadership qui doit émerger lorsqu’Abbas quittera la scène. Soit ils continuent dans leur déni, prosternant leur peuple pendant une autre génération, soit ils acceptent la réalité et prennent le train de la paix avec Israël, qui a quitté la gare il y a longtemps.

La mise au point de notre ambassadeur à Bogota

Dans l’édition de votre journal datée du 17 novembre 2021, M. Marcos PECKEL a signé sous le titre : « Nouveau Moyen Orient », un article en évoquent mon pays l’Algérie dans des termes injustes et inexacts. Loin de toute polémique, cette contribution vise à corriger cet égarement et donner aux lectrices, lecteurs et amis colombiens une restitution fidèle de la situation en Algérie.

D’abord, le qualificatif de pays qui stagne et qui connait une « instabilité politique » n’est pas à sa place. Au contraire, l’Algérie connaît une dynamique, à son rythme et reflétant ses propres réalités politiques, économiques et sociales.

S’agissant du domaine politique, l’Algérie a connu, récemment, plusieurs consultations électorales majeures depuis le mouvement pacifique de février 2019 :

–          Une élection présidentielle en décembre 2019, organisée sous le sceau de la régularité et de la transparence ayant conduit à l’élection de Monsieur Abdelmadjid TEBBOUNE à la magistrature suprême ;

–          Un référendum en novembre 2020 ayant acté une profonde réforme de la Constitution ;

–          Une consultation législative anticipée, organisée en date du 12 juin 2021.

Toutes ces opérations électorales répondaient à la fois aux aspirations et demandes exprimées par le peuple algérien et au programme du Président TEBBOUNE.

L’Algérie connaitra le 27 novembre prochain des élections locales pour le renouvèlement des Assemblée populaires communales et des Wilayas.

Au plan économique et social, l’Algérie suit son chemin pour consacrer des réformes économiques fondées sur le relèvement des ressources financières du pays hors hydrocarbures. Celles-ci ayant atteint pour la première fois depuis 1962, la barre des 4 milliards de dollars, sans toutefois abandonner le caractère social du système algérien fondé sur la solidarité avec les couches sociales les plus défavorisées.

Enfin, suggérer que l’Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec le voisin marocain en raison du conflit du Sahara Occidental constitue une méconnaissance non seulement de l’historique des relations entre les deux pays, mais aussi de la question sahraouie elle-même.

En réalité, la décision souveraine de l’Algérie de rompre ses relations avec le Maroc est due à une série d’actes hostiles attentant à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Algérie et à sa cohésion sociale.

Le conflit du Sahara Occidental figure sur l’agenda des Nations Unies depuis au moins de 1963, entant que territoire non-autonome dans le statut définitif devrait être tranché, conformément à la légalité internationale et aux résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU ; ce conflit n’est donc pas un motif de rupture des relations algéro-marocaines.

Son excellence Hachemi Ahmed, ambassadeur de RADP en Colombie

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