Mohamed Toufik Bendris Directeur  de la DGE : « La DGE est ouverte à l’ensemble des grandes entreprises »

Mohamed Toufik Bendris Directeur  de la DGE : « La DGE est ouverte à l’ensemble des grandes entreprises »

Pour assurer une meilleure gestion des dossiers des contribuables et de l’information échangée avec les différents et les plus lourds d’entre eux en Algérie, la Direction des Grandes Entreprises (DGE) a mis le paquet. «  Nous ne lésinons sur aucun moyen pour assurer une bonne réception et une meilleure assistance aux contribuables, à travers un bon plan de communication et d’information.

Tous ces paramètres permettront au contribuable de mieux comprendre et d’adhérer davantage à l’impôt. Mieux encore, nous sommes sur un plan de communication, d’assistance et d’aide aux contribuables. Ainsi, la DGE est ouverte à l’ensemble des grandes entreprises » a tenu à nous expliquer le Directeur  de la DGE, Mohamed Toufik Bendris, soulignant que cette méga direction des impôts a été  intégrée ces dernières années  au nouveau système d’information  dématérialisé, qui  commence a apporter ses fruits en matière de gain de temps par rapport à l’autres tâche de l’administration, qui est le contrôle des déclarations.

Toutefois, ces prouesses ne sont évidemment pas le fait de hasard. « L’actuelle équipe de la DGE a essayé d’apporter une valeur ajoutée aux efforts consentis par nos prédécesseurs. Nous avons à cet effet, axé notre travail  sur deux volets important, aussi, nous avons établi une feuille de route avec deux principales actions à savoir ; le contrôle et l’assainissement des situation fiscales des contribuables, ou nous avons au titre des années 2018 et 2019 monté crescendo en matière de dossiers vérifiés et des régularisions opérées, à titre d’exemple pour l’année 2019 pas moins de 350 entreprises ont été vérifiées qui se sont soldées par un montant de rappel de l’ordre de 45 milliard de dinars.

Quant au deuxième point il s’est axé sur   l’amélioration de la qualité d’accueil et de réception, c’est pourquoi nous avons estimé primordiale dans l’optique d’une gestion de proximité de créer des boxes de réception pour permettre aux entreprises que nous considérons comme partenaires à accéder, aux informations et orientations nécessaires à la bonne marche de leur activité.

Cette manière de faire nous a permis de réduire considérablement le délai d’attente et de traitement des demandes  des contribuables, et par la même occasion renforcé d’avantage le climat de confiance entre le contribuable et son administration, se sont d’ailleurs les recommandations de Monsieur le Ministre des Finances et Madame la Directrice Générale des Impôts que nous nous efforçons de mettre en pratique.

C’est cette nouvelle stratégie de la DGE vers les contribuables qui a donné cet élan qualitatif à ces activités. En outre, nous avons réussi à créer un noyau dur, une ressource humaine qui réfléchit de la même manière dans l’espoir d’atteindre les objectifs escomptés. Nous avons élaboré une feuille de route assez conséquente, qui est arrivée à maturité. Toutes ces mesures ont fait que la DGE a connu une évolution sur le plan recouvrement, contrôle et management » se félicite-t-il.

Par ailleurs, en matière de modernisation, il faut distinguer deux volets, la modernisation des structures qui est passée d’un système classique «  inspections des impôts et Recette des impôts » au système de l’interlocuteur unique par la catégorisation des contribuables, par la création de la DGE pour les grandes entreprises, les Centre des Impôts pour les moyennes entreprises et les centre de proximités pour les petites entreprises. Pour ce qui est de la modernisation de l’outil de travail, la DGI a mis en place un système d’information dans l’optique de dématérialisé l’ensemble des taches de la DGI.

Ce système d’information permet à titre d’exemple aux contribuables de la DGE de télé-déclaré et télé payé leur déclarations sans pour autant se déplacer à la DGE. De plus, une application informatique est en phase d’être mise en ligne par la DGE qui traitera les demandes d’extrait de rôle et des demandes de situations fiscales. Cette application aura pour conséquence le traitement rapide des extraits de rôles et des situations fiscales sans que les contribuables ne se déplacent à la DGE » affirme Mohamed Toufik Bendris. Par ailleurs, notre interlocuteur rappelle que les entreprises  gérées au niveau de la DGE ont subi de plein fouet la pandémie de la Covid-19.

« La DGE est pleinement consciente de la situation des entreprises qui ont connu une diminution de leurs activités. Une crise sanitaire qui a nécessité des mesures draconiennes. Toutes ces mesures ont impacté négativement les entreprises. Une situation que nous avons ressentie en matière de déclaration et du recouvrement. Nous avons des contribuables qui déposent actuellement des déclarations sans les payer faute de trésorerie.

Pour ceux qui ont déclaré tardivement nous leur avons accordé la remise des pénalités d’assiette et du recouvrement, pour essayer un peu d’alléger la trésorerie de l’entreprise. C’est parmi les mesures d’accompagnement que la direction générale des impôts a mis en place, et que la DGE s’efforce de mettre en œuvre » précise Mohamed Toufik Bendris.

La DGE assure 60% du recouvrement global

Interrogé sur le manque à gagner suite aux mesures d’accompagnement prises durant la pandémie de la Covid-19 au profit des contribuables, le patron de la DGE, rappelle que sa direction a terminé l’année 2020 par rapport à celle de 2019, sur le même bilan. « Pratiquement c’est le même chiffre que celui de 2019.

En matière de fiscalité ordinaire, nous avons terminé l’année 2019 avec 1.238 milliards de dinars, contre 1.212 milliards de dinars en 2020, c’est une très légère baisse, qui est due à la Covid-19. Le manque à gagner pour le Trésor n’était pas assez flagrant.

Pour le recouvrement, nous avons 100% de la fiscalité pétrolière, qui est gérée uniquement au niveau de la DGE, et 60% de la fiscalité ordinaire au niveau national, c’est assez important comme structure, c’est ce qui donne l’importance de la DGE » s’est réjoui le premier responsable de la DGE, qui rappelle que les défis de la DGE pour 2021, doivent être en corrélation avec une sortie d’une pandémie.

« Certes nous sommes une administration de contrôle, mais du moment que nous sortons d’une crise pandémique, il est inconcevable de mettre le tout contrôle comme premier objectif. Ainsi, pour 2021 nous essayons de panser les blessures des entreprises qui ont vécu une année terrible. Nous allons essayer d’accompagner toutes ces entreprises à mieux gérer l’année 2021, les entreprise ayant été impactées par le situation pandémique auront toute notre attention. Notre rôle est de comment rendre les entreprises plus performantes afin qu’elles contribuent davantage à l’impôt » insiste notre interlocuteur.

Le plus important pourvoyeur du Trésor public 

Outre le contrôle et le recouvrement, la principale  priorité de la DGE, c’est d’assister et d’accompagner les entreprises.  2021 est une année charnière, qui va nous permettre un peu d’avancer avec l’entreprise. Ainsi, nous allons mettre en place un programme de contrôle intelligent » affirme le patron de la DGE, soulignant que l’informel n’est pas uniquement l’apanage de l’administration Fiscale, « en effet, une plus grande coordination entre l’ensemble des services de l’état dont l’intervention en amont et en aval est fondamentale  aura pour effet d’endiguer ce fléau et débarrasser définitivement l’économie nationale de cette économie sous terraine.

Consciente de l’importance de l’enjeu, la DGI inscrit son action en la matière, dans le cadre d’une stratégie de contrôle basée sur la transparence. Maintenant avec les nouvelles mesures et orientation de Monsieur le  ministre des Finances, relayés par Madame la Directrice Générale des Impôts  nous espérons endiguer ce fléau définitivement » assure notre interlocuteur. Toutefois, le talon d’Achille de la DGE, demeure son effectif qui ne dépasse pas les 173 agents, dont 100 uniquement qui assurent le contrôle des dossiers et le recouvrement et la gestion de 2373 grands comptes.

« Cette préoccupation a été portée à la connaissance de Mme la directrice générale des impôts, qui nous a rassuré de sa plein collaboration pour solutionner  cette problématique » s’est réjoui le premier responsable de la DGE. Enfin, Mohamed Toufik Bendris rappelle que la DGE est l’une des administrations les plus importantes, « du moment qu’elle est le plus important pourvoyeur du trésor public ».

Yahia Maouchi