Patrimoine ancestral : Tapis de Babar ou la dextérité des femmes de Khenchela

Patrimoine ancestral : Tapis de Babar ou la dextérité des femmes de Khenchela

Le tapis de Babar est, à lui seul, le symbole d’une culture ancestrale et d’un héritage séculaire.

Jalousement préservé en tant que patrimoine, le tapis de Babar a une réputation qui a dépassé les frontières du pays.

Figurant parmi les tapis traditionnels les plus chers d’Algérie, le tapis de Babar est réalisé selon des techniques particulières, une tradition artisanale et séculaire transmise de génération en génération. Le tissage de ces fameux tapis répond à un rituel ancien et précis. D’abord la laine est blanchie dans la rivière du village, ensuite elle est teinte de manière traditionnelle avec des pigments traditionnels les mêmes que ceux utilisés depuis des siècles, puis la laine est tissée et les motifs prennent forme. Des motifs évocateurs des bijoux traditionnels berbères, du croissant lunaire ou des lances, se déclinant dans une harmonie de tonalités où prédominent le rouge, le noir et le jaune.

Le tissage de ce tapis se fait notamment au moyen d’instruments traditionnels comme essedaya (le métier à tisser) et la khlala (genre de peigne à dents en acier servant à tasser les fils). Le fil est obtenu au terme de plusieurs phases de traitement de la laine de mouton. Pour la teinture, les tisseuses recourent aux épluchures de grenades, au henné, à l’écorce de noyer et à d’autres herbes naturelles.

Afin de préserver ce savoir-faire et de contribuer à sa pérennisation, les femmes du village de Babar ont créé un atelier de tissage au sein duquel elles accueillent des jeunes apprenties auxquelles elles transmettent le métier. C’est une véritable renaissance qui s’est opérée puisqu’aujourd’hui, le tapis de Babar est à nouveau sur le devant de la scène, dans les salons nationaux et internationaux. La fabrication d’un tapis peut prendre jusqu’à trois mois d’où son prix très élevé.

A noter qu’un des anciens modèles du tapis de Babar, se singularisant par de superbes motifs et par l’agencement de ses couleurs, est conservé au musée du Louvre, à Paris (France). Enfin, il faut savoir qu’un musée du tapis est en projet à Babar. Il comprendra un atelier de restauration des vieux tapis, afin de sauvegarder les modèles anciens et de contribuer ainsi à la préservation de ce patrimoine immatériel.

in Mémoria

 

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