Pegasus-gate : des preuves accablantes accumulées contre le Maroc

Pegasus-gate : des preuves accablantes accumulées contre le Maroc

Dans sa réponse à une première série de questions précises, portant sur son utilisation du logiciel espion Pegasus commercialisé par la société sioniste NSO Group, l’ambassade du Maroc en France avait répondu à Forbidden Stories, ce 17 juillet, « ne pas comprendre le contexte de [cette] saisine », et affirmait qu’Amnesty International « a été incapable de prouver une quelconque relation entre le Maroc et [NSO] ». Ce 19 juillet, dans un communiqué publié par l’agence de presse officielle MAP, le Maroc affirme n’avoir « jamais acquis de logiciels informatiques pour infiltrer des appareils de communication, de même que les autorités marocaines n’ont jamais eu recours à ce genre d’actes ». Le « Projet Pegasus » a accumulé de multiples éléments, tant techniques que concernant l’identité des cibles, qui montrent très clairement que le Maroc est client de NSO et opère des surveillances électroniques par le biais de Pegasus. De nombreuses victimes du logiciel espion ont par ailleurs eu maille à partir avec le renseignement marocain, dont des militants partisans de l’indépendance du Sahara occidental ou des journalistes. Par ailleurs, le Citizen Lab de l’université de Toronto, l’un des principaux centres de recherche au monde sur les logiciels espions, avait, dès 2018, identifié le Maroc comme un très probable client de NSO, en se basant sur une analyse des infrastructures utilisées par le logiciel espion. Des analyses plus récentes du même Citizen Lab ont confirmé que le client marocain de NSO group avait été actif en France depuis 2018 et jusqu’à cette année. Le Security Lab d’Amnesty International a retrouvé des traces de Pegasus, portant la signature technique distinctive d’un même client, sur les téléphones utilisés par le journaliste Edwy Plenel ou l’ancien ministre François de Rugy, tout comme sur les téléphones de la militante Claude Mangin et du journaliste marocain Omar Radi – deux personnes qui intéressent au plus haut point les services de renseignement marocains. Dans un communiqué publié ce 20 juillet, le Royaume du Maroc nie tout en bloc, lançant au passage beaucoup d’accusations à l’emporte-pièce. Les preuves matérielles sont toutes publiques : elles ont été mises en ligne dès ce dimanche par le Security Lab d’Amnesty International. La méthodologie de ce rapport a été validée de manière indépendante par le Citizen Lab de Toronto. Aucun élément remettant en cause la moindre partie du rapport, dont le sérieux a été unanimement salué dans le milieu de la sécurité informatique, n’a été signalé à ce jour. NSO Group conteste, en bonne partie, les informations publiées par les différents médias partenaires au sein du « Projet Pegasus ». L’entreprise dément en particulier un point crucial : elle affirme que les données analysées par le consortium, une liste de plus de 50 000 numéros de téléphone, n’ont rien à voir avec le système de Pegasus et ne représentent pas des « cibles ».L’analyse de multiples téléphones figurant dans cette liste montre, comme l’écrivent les médias du consortium depuis le début, qu’elle contient à la fois des numéros qui ont été infectés, des numéros qui ont été ciblés, et des numéros qui n’ont pas été ciblés par Pegasus. Plus de la moitié des téléphones testés par le Security Lab d’Amnesty International avaient été infectés ou présentaient des traces du logiciel espion – une coïncidence extrêmement forte si cette liste n’avait aucun rapport avec NSO et son outil. NSO affirme par ailleurs n’avoir aucun accès aux numéros ciblés par ses clients, mais a démenti, ces derniers jours, qu’ils aient pu cibler des personnalités comme Emmanuel Macron, le roi du Maroc, Mohammed VI, ou l’entrepreneur Pavel Durov. D’après les informations du consortium, lorsque NSO mène des enquêtes a posteriori, ce sont les clients qui lui fournissent leurs données de ciblage ; ces derniers peuvent facilement refuser ou altérer les données avant de les transmettre à NSO. L’entreprise a ainsi nié que l’entourage du journaliste assassiné Jamal Khashoggi ait pu être ciblé par son logiciel espion. Les analyses des téléphones de plusieurs de ses proches montrent sans équivoque qu’ils ont bien été infectés par Pegasus. Ces dénégations contre des faits prouvés, avérés et irréfutables viennent d’individus sans scrupule, sans état d’âme et sans moralité aucune, à l’image des gens du Makhzen et de leurs complices et amis sionistes.

R.B.