polémique sur les réseaux sociaux : Cachez-moi ce minaret que je ne saurais voir !

polémique sur les réseaux sociaux : Cachez-moi ce minaret que je ne saurais voir !

La « Une » du « quotidien indépendant », El Watan en l’occurrence, consacrée aux obsèques du défunt président Abdelaziz Bouteflika inhumé la veille au carré des martyres du cimetière d’El Alia, a généré une très vive polémique sur les réseaux sociaux. Et pour cause ! Comme par enchantement, miracle de Photoshop aidant, l’immense minaret de la grande mosquée d’Alger, œuvre majeure du défunt Bouteflika a disparu sur la photo montrant le cortège conduisant ce dernier vers sa dernière demeure.

Il serait bon de rappeler brièvement ici que la construction de cette mosquée, confiée à l’actuel président de la République, Abdelmadjid Tebboune, alors ministre de l’Habitat, n’avait pas été sans moult tracas.cet édifice imposant, et désormais fierté de tous les Algériens, a été érigé à la place d’une ancienne église à l’endroit anciennement dénommé La Farge, actuellement El Mohammadia.

Tebboune avait dû batailler pied-à-pied contre de puissant lobbies pro-français pour parachever cette œuvre. Cela lui avait même valu de subir de nombreuses campagnes médiatico-politiques particulièrement féroces. Mais, fort heureusement, Tebboune a tenu bon. Jusqu’au bout. Ebahis devant l’inexplicable « soustraction » adroitement opérée par ce journal, les internautes ont multiplié les conjectures pour tenter d’expliquer cette… inexplicable « censure » d’image. Ironiquement d’aucuns ont supposé que la hauteur démesurée de cet édifice pharaonique a peut-être empêché que celui-ci puisse tenir dans une simple page de journal de format A3.

Venu alimenter cette déchainée polémique, le titre de cette « Une » a lui aussi inspiré certains internautes. « A minima, écrit l’un d’eux, suppose-t-il qu’il faille faire table rase de tous les alentours ? Toujours est-il qu’entre ironie des uns et colère des autres, c’est Abderrezak Mokri, le président du MSP (parti de la société pour la paix) qui s’est nettement distingué dans un Tweet ne laissant guère de place au moindre doute.

Il y parle de « haine » et de « rancune » à l’égard de la religion musulmane, avant de se demander ce qui arriverait à tous si les auteurs de cette censure décrochaient un jour le pouvoir absolu. Pour sûr, cette pertinente question risque de déclencher une énième polémique. Même pas besoin de monter sur ce minaret –caché- pour inviter les citoyens à y rendre part…

Ali Oussi

 


Erratum

Un malheureux traitement technique au niveau du service PAO du journal, a fait disparaitre le minaret de la grande mosquée d’Alger de la photo illustrant la « Une » de notre édition d’aujourd’hui. Nous présentons nos excuses à nos lecteurs et les assurons que l’incident, purement technique, n’a rien à voir avec un quelconque calcul idéologique, comme tentent de le distiller des cercles connus pour leur hostilité à El Watan.