Portrait de Ahmed Benaissa : Au fond du ciel, une nouvelle étoile brille

Portrait de Ahmed : Au fond du ciel, une nouvelle étoile brille

Le monde de la culture ne finit pas de perdre ses enfants les plus glorieux. A peine remis de la nouvelle du décès de Mohamed Hazim, elle se réveille ce vendredi avec celle de la mort de Ahmed Benaîssa. Tous les hommes de plume qui l’ont approché ont révélé avoir eu ce souci: quels mots pour décrire une icône, un artiste sans fin, une étoile si haute et à la fois si accessible au commun des mortels, si modeste parmi les siens, parmi tous les autres… Et de ces longues rencontres avec la presse, ici ou ailleurs, cette immense proportion à garder les pieds fermement ancrés sur terre tout en maintenant bien fort sa main accrochée au firmament n’a fait que s’accentuer avec le passage du temps. Avant d’être présenté comme acteur, auteur, dramaturge, Ahmed Benaissa est cet humaniste que tous mettent en avant. L’altruisme n’est pas chez lui un simple trait de caractère, c’est au contraire cette force qui s’est très vite transformée en muse, celle qui a lui permis de créer, d’écrire, d’interpréter, sans limites, contournant les interdits avec subtilité. On lui doit Prophètes sans Dieu, le Fils de l’amertume et plus d’une vingtaine de pièces qui ont fait les heures de gloire du théâtre algérien. Des œuvres prestigieuses inscrites en lettres d’or dans les annales de la création algérienne résonneront à toujours: Boualem Zid El Gouddem, Babour Ghrak, Les confessions d’un musulman de mauvaise foi… des chefs-d’œuvre infinis écrits avec les tripes, vécus avec force sur scène. Dans le tourbillon des créations théâtrales, cinématographiques, entre deux recherches, des pensées profondes donnent naissance à des romans qui connaissent le même succès : Le silence de la falaise, Les fils de l’amertume, La dernière nuit d’un damné, Les colères du silence… En perpétuelle quête de création, l’artiste profite du confinement pour appréhender à sa manière le phénomène des harragas. De ces entrailles nait cette fois une trilogie mettant en scène un personnage central, un jeune de vingt ans ayant perdu la vie en mer, qui rencontre alors Saint Augustin, ce dernier l’interroge sur les raisons de son acte insensé, le jeune parle d’islam, mais Saint Augustin lui conseille alors de recourir aux explications de l’Emir Abdelkader… Ahmed Benaîssa a rejoint les étoiles alors qu’il se trouvait en quête de trouver les moyens de redonner un nouveau souffle au théâtre algérien.

Amel.Z

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