Pour avoir mis à jour son implication dans des affaires de corruption : Bernard-Henri Lévy en procès contre Blast

Pour avoir mis à jour son implication dans des affaires de corruption : Bernard-Henri Lévy en procès contre Blast

Les récentes révélations de Blast des documents exclusifs issus du gouvernement qatari, montrant son intention de donner des millions d’euros à Carla Bruni-Sarkozy, au fils de Michel Platini, à l’association Human Rights Watch et à Bernard-Henri Lévy ainsi que l’implication direct de ce sioniste dans la destruction de la Libye et l’assassinat de Mouammar Kadhafi en 2011, ont fait sortir ce dernier de son « trou ».

« Si aucun média ne reprend l’enquête en France, elle fera l’objet d’une attention très particulière de la justice : Bernard-Henri Lévy porte plainte, exigeant 100 000 euros de dommages et intérêts », note en effet  le directeur de Blast.

Denis Robert qui a, d’abord, dénoncé les médias dominants français qui ont accordé à Bernard-Henri Lévy «dix passages sur plusieurs chaînes en une semaine», des interviews qu’il a qualifiées de «gélatineuses à souhait» et «pleines de suffisance et d’omissions», a fait part dans éléments dans un enregistrement vidéo suite à une plainte déposée par le «philosophe» contre le site, après avoir tenté, vainement, d’empêcher la publication de l’article le mettant en cause.

«Des invitations, a-t-il déploré, pour un livre mineur qui recycle dans un style pompeux et ampoulé ses piges de Paris March, piges pour lesquelles il a été payé, sur lesquelles il fait faire un documentaire financé par le service public», allusion à France Télévisions et Arte, «mécènes […] du réalisateur le plus choyé et le mieux financé du paysage audiovisuel français».

«Bernard-Henri Lévy, c’est le bourgeois libéral, c’est le business de la fausse vertu ; Bernard-Henri Lévy, c’est fatiguant et répétitif, sa présence quasi quotidienne dans des télés et radios complaisantes est le symptôme d’un abrutissement généralisé, de la perte de tout sens critique», écrit encore  le journaliste d’investigations qui dénonce «les agissements liberticides et belliqueux du pigiste de luxe qui refourgue sa quincaillerie».

Evoquant la plainte en diffamation déposée contre le site, Denis Robert a estimé que celle-ci était «un signe que nous sommes sur le bon chemin [car] déplaire à ce point à Bernard-Henri Lévy est un gage d’indépendance et de qualité journalistique dans cet univers médiatique où on lui déroule le tapis rouge partout». «Je n’ai aucun regret, à ce jour, d’avoir publié les documents mettant en cause Bernard-Henri Lévy, Carla Bruni et le fils de Michel Platini», a-t-il asséné, en précisant que sa source qui «les possède depuis plusieurs années, est en opposition contre l’émir du Qatar et sa politique nationale et internationale». Il a ajouté que celle-ci prenait de gros risques à fournir ces informations.

«Toutes les expertises confiées à un ancien traducteur ayant travaillé au Qatar et à des agents de renseignement sont revenues positives et ont donc authentifié les lettres dont les dates correspondaient aux événements» y afférents, a fait savoir le directeur de Blast, qui assure que l’enquête a été «minutieuse» et que lui-même et les journalistes chevronnés quoi ont mené l’enquête ont «pris le temps nécessaire pour avoir tous les éléments en main».

Denis Robert a, enfin, révélé que Bernard-Henri Lévy a tout fait pour empêcher la parution de l’article «par ses amis interposés», la veille de sa diffusion. Selon lui, le récent limogeage du ministre qatari de l’Economie, qui était directeur du Trésor au moment des faits et avait reçu mission d’exécuter les virements réclamés par l’émir du Qatar, est lié à l’enquête de Blast dont le directeur, résolu à aller jusqu’au bout dans la révélation des dessous de ce dossier, annonce qu’un nouvel article est sous presse.

« On prend ces risques car c’est l’honneur d’un journaliste d’aller déterrer des dossiers que tous ont intérêt à cacher.  Au centre de nos investigations, la manière dont le Qatar, petit caillou désertique de moins de 3 millions d’habitants, 4ieme producteur de gaz au Monde, exerce et joue de son influence au Moyen Orient dans les conflits armés, mais aussi comment il phagocyte le football mondial du PSG à l’organisation de la Coupe du Monde. Ces documents et ceux qui vont suivre et que nous allons continuer à diffuser sauf interdiction judiciaire, sont importants et attaquables. On peut, comme le dit BHL, opiner qu’ils sont des faux grossiers. Le tribunal tranchera. J’espère que le tribunal et les magistrats qui nous jugeront le 16 juin prochain entendront nos arguments», a-t-il conclu.

Dj. Am