Pr Abdelkrim Benaiche : « Sétif est en mesure de mettre en place un grand laboratoire dédié à la recherche pharmaceutique »

Pr Abdelkrim Benaiche : « Sétif est  en mesure de mettre en place un grand laboratoire dédié à la recherche pharmaceutique »

Disponible et courtois, le recteur de l’Université Ferhat Abbes de Sétif, professeur Abdelkrim Benaiche, a répondu sans fioritures à nos questions. Et  c’est avec autant d’élégance que de candeur qu’il a tenu à nous accorder, en aparté, un entretien sur l’objet de sa présence à Alger mais, aussi, faire le tour d’horizons à-propos des questions de l’heure.

Nous avons abordé avec lui  des sujets en rapport avec l’université algérienne et par voie de conséquence fait une sorte d’escale l’université Ferhat Abbes de Sétif  dont il est à la tête.

Se trouvant à Alger, plus précisément au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ou il assistait à la cérémonie de signature  des protocoles de convention relatifs à la création des pôles technologiques en collaboration avec le ministère de l’industrie, il a aimablement accepté d’éclairer nos lanternes et de nous apporter un éclairage nouveau sur ce qui pourrait être considéré comme un  regain d’espoir qui souffle sur le secteur de l’enseignement supérieur à la faveur de l’arrivée à sa tête du professeur Abdelbaki Benziane.

La patrie news : Professeur,  peut-on connaitre votre appréciation  de l’évènement du jour, à savoir la signature des conventions entre le ministère de l’Enseignement supérieur et celui de l’Industrie relatifs à la création des pôles technologiques ?

Professeur Abdelkrim Benaiche : Oui, bien sûr, cette cérémonie de signature de conventions  vient après un long travail effectué conjointement entre les universités et les centres de recherches d’autre part, en collaboration avec le « Groupe Université industriel,  le « GACU », dirigé par docteur Sifi Ghrieb.

Je peux dire que cette collaboration est le fruit d’un travail de longue haleine qui a nécessité de longs mois de travail et de concertation. Et dans le cas du consortium avec le ministère de l’industrie, nous avons mis au point un certain nombre de projets dont justement celui des pôles  technologiques. Il faut noter que l’Université de Sétif est partie prenante dans trois (03) pôles technologiques dont celui de la fabrication pharmaceutique avec un certain nombre d’universités dont le centre de biotechnologie de Constantine.  Il est utile de préciser que Sétif dispose des meilleurs matériaux émergents, nous avons donc orienté nos expertises vers l’expertise de l’amélioration, la fabrication d’une céramique propre avec un taux d’intégration qui avoisine les  90 % .  En matière des mécatroniques ( ndlr :  comprendre la combinaison synergique et systémique de la mécanique,  de l’électronique, de l’automatique et de l’informatique en temps réel.) ,  on l’a démontré depuis un bon bout de temps, surtout concernant le covid-19, on a proposé des solutions d’aides à la prise de décisions en matière de confinement et de déconfinement  mais aussi concernant l’élaboration des applications de dépistage grâce à des solution numériques.  A  partir de là, l’idée nous est venue de construire tout un de mécatronique  d’intelligence artificielle  articulé dans la région par  des experts nationaux tout autour de l’Université de Sétif, Ferhat Abbes.

 

En matière de plus-value, quel est celle induite par cette convention entre les  ministères  de l’Enseignement supérieur et celui de l’Industrie en matière de recherche scientifique  pour les  doctorants et autres chercheurs ?

Ces protocoles de signature entrent aussi dans le cadre  de la formation des enseignants- doctorants parce que quand on constitue ces pole technologiques, , et nous n’avons aucun complexe à l’avouer, sans l’apport des experts de l’Industrie, c’est pratiquement comme si on faisait un travail à vide, mais avec leur  collaboration jumelée à  celle de   l’expertise  recherche et développement au niveau des universités, ce sera aune courroie de transmission qui pourra mettre ces pole technologiques  sur la bonne voie et , par voie de conséquences, , sur la voie de la réussite. Bien sûr, ceci donnera de l’essor à nos doctorants en raison du fait qu’ils trouveront à la fois le terrains de l’expertise académique au niveau des universités et  autre terrain d’expertise d’exploitation réelle et pragmatique au niveau des entreprises ( publiques ou privées) . La symbiose entre ces deux  terrains permettra des résultats probants et  excellemment élaborés.

Vous êtes le recteur de l’Université Ferhat Abbes de Sétif, une région touchée de plein fouet par la pandémie du covid-19. Quelles  sont les  décisions prises  en interne pour faire face à la propagation du virus, à quelques semaines  de la rentrée  universitaire prévue pour le 23 aout prochain ?

En sa qualité d’université responsable, nous somme  entrain  d’apporter notre contribution à la société. Et entant que telle, l’université s’est mise de la partie en mettant à disposition de la population l’ensemble des  professeurs de médecine du CHU de Sétif relevant évidemment de la faculté de médecine  de l’université Ferhat Abbes. Aussi, dans le cadre des  applications qu’on est en train d’offrir , il faut savoir que ce sont des applications qui vont apporter leur contribution  à la décision en matière de confinement et de déconfinement , port de bavettes, etc….

Vous savez que  transformer un laboratoire à vocation pédagogique en unité industrielle de production du gel hydroalcoolique n’est pas une simple sinécure en cette période de confinement. Pour booster la production du désinfectant très demandé par les soignants en premier ligne contre le coronavirus, l’unité de nanotechnologie de l’université commence à produire de l’alcool avec une cadence de plus 30L /jour ».  Après les structures sanitaires de la wilaya, une partie du gel hydroalcoolique, fabriqué au niveau de l’université Ferhat Abbes,  a été  acheminée vers l’hôpital de Bordj Bou Arréridj, de Boufarik et au CHU de Blida. Sollicité par neuf associations fabricant des masques pour les blouses blanches, le laboratoire de microbiologie de la faculté des sciences, de la nature et de la vie a procédé à la stérilisation de 10 000 bavettes ».

Ce sont également des applications qui joueront un rôle indéniable en matière de distanciation sociale et de proximité dès le premier jour de la reprise des  cours le 23 aout prochain. Ce sont des applications qui prendront en charge tous les moyens de prévention pour aider le étudiants à faire un bonne rentrée universitaire , ne serait-ce pour le petit nombre d’étudiants,  en raison du fait que nous procèderons à un enseignement en ligne concernant l’enseignement virtuel car le présentiel  ne sera pas assuré dans sa totalité mais à des taux variables. . Pour cela, nous avons réalisé des applications qui aideront l’administration dans sa tâche de prévention et de garantie d’une sécurité sanitaire de nos citoyens, particulièrement les étudiants.    A travers de telles opérations, Sétif montre qu’elle regorge d’un immense potentiel, en mesure de mettre en place un grand laboratoire dédié à la recherche pharmaceutique.

Une dernière question, si vous le permettez  monsieur le professeur.  Il nous a été donné de constater ces derniers jours à la faveur de notre proximité avec la famille universitaire  qu’une nouvelle ère est entrain de commencer dans le stratégique secteur de l’enseignement supérieur avec l’arrivée à sa tête  du professeur Abdelbaki Benziane. Vous qui êtes intra-muros, le confirmez-vous ?

Exactement, c’est une véritable bouffée d’oxygène qui nous arrive, je m’explique : Depuis la prise de fonction du ministre Abdelbaki Benziane, Il y a un réel  accompagnement,  une écouté sincère et responsable à côté d’un dialogue ouvert au niveau des universités avec les partenaires sociaux, notamment les syndicats des enseignants, des travailleurs et aussi des étudiants  et parallèlement  à cette approche, nous avons senti  qu’à partir du protocole- cadre envoyé par la tutelle aux universités  associant toutes les universités pour mettre sur pieds un protocole cadre spécifique chaque université , ceci dénote une association à la décision , ça dénote également d’un travail de proximité vis-à-vis des établissements car il ne faut pas oublier que chaque établissement possède ses propres caractéristiques et  spécificités. Pour toutes ces raisons, je m’engage à dire que cela dénote une bonne volonté de la tutelle, à sa tête le professeur Abdelbaki Benziane, de privilégier le dialogue et la concertation avec l’ensemble des  partenaires pour le sursaut de l’université algérienne. Car  vous  le savez  sans doute, quand la décision est prise de façon collégiale, elle ne  peut être que bonne.

Nous vous remercions pour votre disponibilité et votre engagement responsable à mettre à la disposition des citoyens, particulièrement les étudiants, les moyens de prévention et de protection contre la pandémie du coronavirus qui a contraint l’université à fermer ses ports et ses campus  des mois durant.

C’est moi qui vous remercie.

Entretien réalisé par Ferhat Zafane