Prix du gaz naturel : qu’en est-il exactement ?

Prix du gaz naturel : qu’en est-il exactement ?

Evolution du prix mondial du gaz naturel

Depuis plusieurs mois, les cours mondiaux du gaz connaissent une hausse inédite jusque-là et font l’objet de discussions enflammées entre spécialistes. De nouvelles alliances naissent, d’autres sont résiliées, les politiques et les financiers passent des nuits blanches pour trouver la parade car, à cause de cette hausse des prix du gaz naturel, l’industrie se trouve dans une situation insoutenable et la crise devient multiforme car elle touche aussi, et doublement, les ménages, notamment les plus vulnérables.

Si, pendant de trop nombreuses années, le prix du gaz naturel a connu des baisses sensibles chaque année, surtout après 2012, après une hausse constante durant sept années consécutives (2005/2012) quand, au 1er novembre 2005 les cours du pétrole ont connu une hausse de 12%. Par la suite les cours ont fluctué selon les prix du pétrole brut auquel ils sont indexés et ce, jusqu’en 2019. L’année 2020 sera relativement clémente avec un hiver plutôt doux et le confinement imposé par la pandémie de covid19 qui ont fait ralentir de très nombreuses activités industrielles.

Marché spot et marché à terme

L’augmentation des prix mondiaux du gaz naturel a été rendue par la conjugaison de plusieurs paramètres, à commencer par la très forte demande des pays asiatiques, notamment de la part du Japon, de la Corée et, maintenant de la Chine qui en est devenu le premier importateur au monde. Il faut savoir que la Chine a importé cette année de très quantités de GNL à cause de la réduction de sa production électrique en utilisant le charbon (pour des raisons environnementales) en plus d’une importante sécheresse qui a affecté sa production hydroélectrique.

Pour l’Europe, plusieurs facteurs ont contribué à une hausse très sensible des prix du gaz naturel, à commencer par la disparition de la production de gaz en France et aux Pays Bas où elle suit le même chemin, ce qui fait que les pays européens importent la quasi-totalité de leurs besoins en gaz et il ne restera bientôt que la Norvège (qui n’est pas dans la zone Euro) à en produire.

Si les prix étaient relativement stables auparavant, l’introduction du marché spot a grandement contribué à le rendre fluctuant et ce qui devait constituer une pression sur l’Algérie surtout pour une réduction des prix, s’est retourné contre ses initiateurs. En effet, les grandes sociétés européennes achetaient auparavant le gaz principalement à l’Algérie, avec des contrats à long terme indexés sur le prix du pétrole mais, après l’introduction des marchés spot, elles se sont tournés vers ces nouveaux créneaux introduisant une concurrence et basés sur des livraisons immédiates ainsi que des marchés dérivés. Ces derniers ont permis aux acteurs de l’énergie ‘d’acheter ou de vendre du gaz, mais dans un contexte d’instabilité totale qui se répercute sur le marché international et, bien entendu, européen’.

L’autre facteur ayant poussé vers le haut les prix du gaz en Europe c’est que la moitié de ses besoins en gaz est importé de Russie où la société publique Gazprom détient le monopole des exportations énergétiques. Pour des raisons de géopolitique (tensions en Crimée et en Ukraine, notamment) et pour d’autres économiques, Gazprom a honoré ses engagements contractuels mais a refusé de pénétrer le marché spot, ce qui a contribué à une diminution de l’offre, synonyme d’augmentation des prix.

Il y a aussi le fait que l’été passé a été très chaud en Europe et qu’il y a eu une très forte consommation d’électricité dont 20% des besoins sont produits par des turbines à gaz, d’où une consommation et une demande plus importantes. Il y a aussi la spécificité climatique de l’Europe pour les pays qui ont développé les énergies renouvelables, notamment pour ce qui est du solaire, car le nombre de jours d’ensoleillement est plutôt réduit et même l’éolien ne peut pas constituer une alternative sérieuse.

Et pour l’Algérie ?

Nous devons dire que la politique énergétique algérienne a été très prévoyante surtout en refusant de s’engager dans les marchés spot, un marché très risqué qui lui ferait perdre son indépendance économique en la rendant tributaire d’acteurs énergétiques étrangers. Les contrats à long terme signés par l’Algérie avec ses partenaires habituels lui confèrent un rôle primordial dans la région européenne pour l’approvisionnement en gaz naturel, notamment pour l’Espagne et l’Italie qui constituent des clients historiques avec lesquels notre pays entretient des relations très poussées en matière économique.

(à suivre)

 

Tahar Mansour

 

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