Procès Benalla : De hauts gradés de la police française au banc des accusés

Procès Benalla : De hauts gradés de la police française au banc des accusés

La police a bien remis à Alexandre Benalla des images de vidéosurveillance alors qu’il était sur le point de basculer dans la tourmente après avoir frappé des manifestants, en marge du défilé du 1er mai 2018. C’est ce qui est ressorti des derniers jours d’audience au tribunal judiciaire de Paris, où comparaissait Maxence Creusat, commissaire accusé d’avoir récupéré en premier ces images, rapporte Le Figaro. Commandant une unité de CRS durant la manifestation, celui-ci en a extrait plusieurs qu’il a copiées sur un CD-ROM, avant de proposer à ses supérieurs de les transmettre à l’Élysée. Ces images montraient notamment l’homme interpellé par Alexandre Benalla en train de jeter un projectile sur les forces de l’ordre. Un argument de poids pour la défense de l’ex-chargé de mission de l’Élysée, à l’heure où son intervention musclée place de la Contrescarpe commençait déjà à enflammer les réseaux sociaux. Rendez-vous fut donc pris dans un bar à chicha, pour remettre à Alexandre Benalla le précieux CD-ROM. Une manœuvre entérinée par Laurent Simonin, supérieur du commissaire Creusat et chef d’état-major adjoint de la DOPC (Direction de l’ordre public et de la circulation). Le commissaire admet pourtant avoir « manqué de discernement ». Le lendemain de ce rendez-vous, les policiers se rendront d’ailleurs compte de leur erreur et tenteront de récupérer le CD-ROM des mains de Benalla. Peine perdue: celui-ci décidera finalement de le transmettre à Ismaël Emelien, alors conseiller spécial du Président de la République. Des équipes de communicants essayeront par la suite d’allumer un contre-feu médiatique maladroit, à l’aide des images de vidéosurveillance transmises. L’exploitation de ces vidéos illégalement acquises constitue l’un des volets du procès d’Alexandre Benalla. L’accusé est par ailleurs poursuivi pour « violences volontaires en réunion » et pour l’utilisation de passeports diplomatiques après son licenciement de l’Élysée. Il encourt jusqu’à sept ans de prison et 100.000 euros d’amende. L’affaire Benalla avait mis à mal les premières années du quinquennat Macron, forçant le Président à reconnaître des « dysfonctionnements évidents » au sein de son équipe élyséenne. Outre le raté du CD-ROM, les forces de l’ordre avaient déjà été pointées du doigt suite à des perquisitions infructueuses. Juste avant l’une d’elles, la disparition d’un coffre-fort censé contenir des armes avait notamment fait polémique.

R.I.