Procès de l’ancienne ministre des Tic : Houda Feraoun plaide la bonne foi

Procès de l’ancienne ministre des Tic  :  Houda Feraoun plaide la bonne foi 

Après plusieurs report, le procès de l’ancien ne ministre de la Poste et télécommunications, Imène Houda Feraoun, s’est ouvert ce matin au pôle pénal spécialisé dans la lutte contre le crime financier et économique près le tribunal de Sidi M’hamed. D’emblée, les avocats de la défense ont tenté la carte de vices de procédure. Ils ont requis l’annulation des expertises présentées par le Trésor public. Ils ont motivé la demande par l’existence d’un conflit d’intérêt dès lors que les documents ont été établis par des financiers employés par l’organisme.  Le juge de siège n’a pas donné, néanmoins, raison au collectif de la  défense. Il a demandé la lecture de l’arrêt de renvoi puis a appelé les accusés à la barre. 

Avant d’entamer son audition, il a rappelé,  à Mme Feraoun , les charges retenues contre elle :  infraction aux dispositions législatives et réglementaires, par l’octroi d’indus avantages aÌ autrui lors de la passation de marchés publics, dilapidation de deniers publics et abus de fonction  (articles 26 alineìa2, 29, 52 et 53 de la loi portant lutte contre la corruption). Il lui est reprochée, en clair d’avoir parrainé un projet de réalisation d’un réseau de fibre optique et de connexion internet haut débit confié aÌ des entreprises asiatiques, qui encaissé le budget sans honorer leurs engagements (livraison de deux millions de lignes FTTX et FTTH). La prévenue a reconnu qu’elle avait usé du pouvoir, conféré à son statut de ministre,  pour interférer dans la transaction conclue de gré à gré avec Huawei et ZTE. « Je n’avais certes pas le droit de le faire» a-t-elle avoué. Elle a attesté qu’elle a agi de bonne foi, son intention étant d’accélérer la délivrance d’autorisations pour les projets approuvés par l’Etat et d’élargir  la couverture de l’Internet haut débit aux zones enclavées, tel  que recommandé par un Conseil interministériel en 2013 dédié aux nouvelles technologies.Elle  a dit avoir reçu une correspondance d’Abdelmalek Sellal, alors Premier ministre, dans laquelle il avait notifié, entre autres,  la nonchalance du partenaire national. Concernant le coût surévalué, elle a soutenu qu’elle ne maîtrisait pas les prix. « J’ai demandé de comparer les prix et la décision était de prendre en compte l’intérêt de l’économie nationale » a poursuivi la jeune femme. 

Un représentant de ZTE a rapporté que le contrat  de gré à gré a été négocié avec le directeur général d’Algérie Télécom. Son homologue a Huawei a juré que l’entreprise n’a pas bénéficié de privilèges indûment et n’a pas participé à la dilapidation de deniers publics. L’ancien Directeur général d’Algerie Telecom, inculpé dans le dossier, Kebbal Tayeb, a confié que l’opérateur public  « était contraint de traiter avec Huawei afin d’accélérer la mise en œuvre des projets ». Les deux tutelles entités ont entretenu un partenariat actif de 2007 à 2016, a-t-il précisé. 

Les auditions  et des témoins en cours. 

Soulef Biskri 

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