Contribution de Yasmina Houmad : qui a peur d’une Algérie Nouvelle ?

Qui a peur d’une Algérie Nouvelle ?

De toute évidence, de ce que le citoyen lambda constate tous les jours, l’Algérie Nouvelle ne peut que faire peur à plusieurs types de faune qui gravitaient autour de l’ex oligarchie politico-financière criminelle prédatrice des biens de la collectivité nationale. Parmi cette faune, il y a cette catégorie de bureaucrates zélés qui ont mené la vie dure aux pauvres citoyens dans le traitement de leurs plus simples doléances et requêtes. Une catégorie qui est malheureusement toujours en place dans diverses institutions et organismes publics et qui n’a fait que se tapir à l’ombre un moment, laisser passer l’orage populaire pour resurgir et reprendre les mêmes pratiques bureaucratiques avec leur lot de discriminations, de ségrégations et de déni de droit et de justice. Mais les premiers ferments de l’Algérie Nouvelle et du véritable Etat de droit, profonde aspiration de la majorité des Algériens, sont en train d’être semés doucement mais sûrement, sans précipitation, ni aventurisme et encore moins irréflexion. La mise en œuvre du programme de gouvernement, axé sur la revitalisation des secteurs économiques, la réorganisation de la gouvernance locale, notamment astreinte à rompre avec la gabegie, la folklorisation des visites des responsables locaux, la démagogie, les boniments et la déformation des statistiques et des chiffres. Les mouvements de cadres et la mise à l’écart de ceux qui n’ont pas pu accomplir les prérogatives qui leur sont dévolues notamment en prenant en charge les préoccupations des citoyens des zones restées à l’écart du développement, zones enclavées, zones déshéritées. Le ferme et multiple combat contre la pandémie, avec son lot de sacrifices, d’abnégation, et de mobilisation doublé d’un exceptionnel élan de solidarité. La lutte implacable contre les commanditaires et les exécutants « des machinations et manœuvres de « sabotage » ayant touché des secteurs névralgiques du pays. La rupture est ainsi définitivement consommée avec «l’ordre » ancien ou plutôt le chaos ancien qui avait siphonné, sans le moindre scrupule, les ressources du pays avec une affligeante duplicité, bénéficiant de la complicité, de la collusion et de la connivence de cette
caste de bureaucrates stériles, inefficaces et défaillants, si nocifs et toxiques quand il s’agit de prendre en charge les préoccupations des citoyens, notamment les plus démunis et les plus marginalisés. Sinon, comment peut-on expliquer que des institutions et aministrations publiques prennent encore leur temps avec nonchalance pour traiter des demandes légitimes et en mesure d’être concrétisées pour peu que cette bureaucratie daigne faire le minimum d’efforts, comment peut-on expliquer que des institutions et administrations publiques refusent toujours d’accuser réception par écrit des doléances, demandes et pétitions de citoyens. Pourtant, les règles administratives en vigueur sont connues de tous, et ne souffrent d’aucune ambigüité, l’administration doit accuser réception des
demandes qu’elle reçoit, quel que soit le support des demandes (papier libre, mail, etc.). Dans leurs échanges avec les citoyens, ces administrations et institutions publiques sont censées respecter les règles relatives notamment à l’information sur la réception de la demande formulée et sur la suite donnée à cette demande. Sinon, comment expliquer que des institutions et administrations publiques ne consentent même pas à répondre par écrit aux requêtes, réclamations ou sollicitations des citoyens, alors que la règle, dans ce domaine, est que ces institutions et administrations publiques sont censées être astreintes à y réagir par écrit, même s’il y a lieu de répondre défavorablement, et même lorsqu’une demande est adressée à un service incompétent, ce dernier doit la transmettre à l’autorité compétente et en informer l’usager. Si la demande est incomplète, l’administration fait connaître à l’usager les pièces manquantes. En cas de présentation de documents rédigés en langue étrangère, elle doit également indiquer si leur traduction ou leur légalisation est nécessaire. Le délai au terme duquel, à défaut de décision écrite, la demande est acceptée ou refusée ne court qu’à partir de la réception des pièces manquantes ou traduites ou légalisées. Les délais dont dispose l’administration pour répondre à une demande sont variables et dépendent de la nature de la demande, de son urgence, de la matière concernée et de sa complexité éventuelle. Autant de dérives bureaucratiques suscitant réprobation et courroux des citoyens malmenés. Obligation d’accusé réception, et Obligation de réponse, les deux premières clés de bons rapports avec les usagers
et les citoyens en général.

Yasmina HOUMAD

 

 

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