Reportage : Quand Novembre rime avec résilience

Reportage : Quand Novembre rime avec résilience

Alger,  à l’instar de toutes les villes du pays, s’est réveillée en cette belle matinée  du dimanche, 1Er Novembre avec le mémorable  sentiment d’abriter une journée de référendum qui restera gravée en lettre d’or dans les armoiries de la ville de Sidi Abderrahmane. Une journée de vote pour les Algérois qui ont à cœur le sentiment d’en finir avec les pratiques du passé et d’entrevoir un avenir meilleur.

Appelés aux urnes ce dimanche 1er novembre pour le référendum sur une nouvelle Constitution. Un projet qui  répond aux aspirations du Hirak . Raison pour laquelle, les citoyens rencontrés dans la rue ou dans les bureaux de vote du CEM Pasteur étaient tous unanimes à affirmer que cette joute électorale est venue à point nommé pour tourner la page d’un passé douloureux et faire le grand saut vers l’Algérie nouvelle.

Mais au-delà des raisons qui peuvent expliquer l’apparent  intérêt des Algérois  à ce rendez-vous, il convient de relever que cette journée du 1Er Novembre, symbolique à plus d’un titre, a (re) gagné ses lettres de noblesses en assistant à un engouement sans précédents à envahir le bureaux de vote même s’il faut préciser que les Algérois, comme nous l’explique le maire d’Alger – centre qui nous  a reçu dans son bureau, que l’après-midi est le moment idéal pour accomplir son devoir électoral.

C’est pour cela, peut-être, qu’à notre arrivée au bureau de vote à 9h tapantes,  seuls les « seniors » drapés de leurs beaux  accoutrements   étaient présents et fiers d’accomplir leur devoir et de participer ainsi à la renaissance de l’Algérie.

« Aujourd’hui, je me suis réveillé tôt pour voter et dire « Oui » à la révision de la constitution», nous a affirmé Mohamed, retraité. Et d’ajouter sur un ton de la confidence : «  Les jeunes ont, aujourd’hui,  l’occasion inespérée de  faire entendre leurs voix en étant acteurs de ce changement que nous attendons tous ». Son compagnon, Abdesselam, la soixantaine bien portée et exhibant fièrement sa carte d’électeur le rejoint pour dire : «  je viens voter car je suis persuadé que cette constitution est révélatrice de la portée salutaire de notre pays. J’ai lu le contenu et cela m’a convaincu non seulement d’accomplir mon devoir électoral mais surtout dire oui au changement, à la naissance de l’Algérie nouvelle et enfin pour permettre à notre chère Algérie de reprendre sa place de nation respectable dans le  concert des Nations », fait il remarquer avec un brin de fierté.

Dehors, dans cette rue inondée de soleil, les passants par grappes, n’ont qu’un seul sujet en débat : le référendum et le 1er Novembre. A voix haute, un jeune  ne s’est pas retenu à la vue des  électeurs sortant du bureau de vote de la rue Pasteur, de crier son obsession de voir enfin l’Algérie se réconcilier avec elle-même : «  Tahya  El Djazair ! ».

Au niveau de la Rue Larbi Ben M’Hidi, l’ambiance était sereine et les terrasses de café, au charme d’antan rivalisent d’ingéniosité pour attirer des clients.

La Grande poste, lieu mythique de regroupement des citoyens  au temps du Hirak d’avant la crise sanitaire, assiste aujourd’hui à une autre ère : celle du référendum pour la révision constitutionnelle, synonyme de changement et d’entrée de plain-pied dans une nouvelle ère. Celle que nos jeunes désirent et dont  nos valeureux chouhadas avaient rêvée…

Ferhat Zafane