SAFEX : salon de l’électricité et des énergies renouvelables

SAFEX : salon de l’électricité et des énergies renouvelables

Après une année d’inactivité, la Safex vient de renouveler avec les manifestations économiques en accueillant le 4ème Salon de l’électricité et des énergies renouvelables qui se tiendra du 8 au 11 mars 2021, sous le haut-patronage du ministre de la transition énergétique et des énergies renouvelables.

L’évènement, s’articulant autour de l’électricité, a accordé cette une grande importance aux énergies renouvelables, qui a d’ailleurs bénéficié d’une attention particulière de la part des autorités algériennes lors de la conception de la politique énergétique future de l’Algérie. Cette attention et cette vision énergétique ont d’ailleurs été réitérées par le président de la république, Abdelmadjid Tebboune lors de son intervention à l’occasion du 50ème anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures.

Le 4ème salon de l’électricité et des énergies renouvelables a vu l’implication des grandes entreprises nationales publiques et privées comme Sonatrach et BMS Electric qui ont sponsorisé l’évènement ainsi qu’un accompagnement qualifié de précieux par les organisateurs, de la Sonelgaz, du Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique, du CRTSE et du CDER.

D’autres entreprises publiques et privées ont installé des stands pour présenter leurs métiers et leurs produits, à l’instar de Kahrakib qui a présenté les segments de travaux électriques qu’elle réalise ainsi que les produits fabriqués par son unité d’Oran, Tabel.

Le salon a été inauguré par le ministre de la transition énergétique et des énergies renouvelables, Chems Eddine Chitour et le ministre délégué auprès du 1er ministre chargé de l’économie de la connaissance et des Start Up, Yacine Oualid, qui ont visité plusieurs stands et discuté avec nombre d’exposants, particulièrement les entreprises innovantes qui n’ont pas manqué de présenter, outre le matériel utilisé, les problèmes et entraves rencontrés, que les deux ministres ont promis de régler.

Lors du point de presse tenu en marge de l’inauguration du Salon, le ministre de la transition énergétique et des énergies renouvelables s’est dit ‘extrêmement content de la façon dont l’Algérie se prend en charge’ avant d’assurer que la ‘transition énergétique était inéluctable, après les 50 ans d’énergie fossile, le moment est venue pour l’Algérie de se tourner vers le futur, et le futur passe, forcément par l’innovation ». Chitour déclare aussi que le ministre délégué à l’économie de la connaissance et aux Start up était avec lui pour ‘encourager les jeunes qui représentent l’avenir’.

Il s’est aussi dit très intéressé par la visite des stands et : « je remercie la directrice de ce Salon de m’avoir permis d’avoir le contact avec tous les intervenants dans le domaine des énergies renouvelables, car, en toute franchise, c’est ce contact qui nous manquait’ a-t-il annoncé. « Nous avons pris les adresses de tout le monde, nous avons besoin de tout le monde pour discuter, de nous connaitre et de nous convaincre mutuellement qu’il n’y a pas d’autre solution que d’aller vers les économies d’énergie », a tenu à rappeler le ministre.

Il annonce ainsi que son département travaille avec le ministre de l’habitat pour un nouveau cahier de charges prenant en charge la transition vers les nouvelles énergies, avec le ministère des transports pour promouvoir l’utilisation de l’électricité pour les véhicules : « n’oubliez pas que 80% de la consommation de l’Algérie en énergie concerne le transport et l’habitat résidentiel, il faudrait donc changer tout cela », insiste le ministre.

Il appelle aussi à rationaliser l’utilisation de l’énergie et, pour ce faire, il estime que l’ensemble de la société doit être convaincue : « actuellement, nous avons de gros problèmes avec le stress hydrique, nous avons préconisé dans le cahier des charges que les nouvelles habitations devraient toutes avoir leurs propres bâches à eau, il faudrait aussi qu’il y ait un système de recueil de l’eau de pluie comme dans tous les pays qui se respectent, l’Algérie a les compétences pour pouvoir le faire et il faut dire que ce n’est pas un problème d’argent, c’est un problème de réflexion », a-t-il déclaré.

‘Nous devons nous organiser, c’est-à-dire faire un état des lieux pour savoir ce que nous avons comme énergie fossile et comme autres énergies. Il faut mettre fin à la seule source des hydrocarbures, il faut penser maintenant à la géothermie, au bois (nous n’avons pas d’industrie du bois et nous sommes en train de faire un modèle énergétique pour 2030 et nous devons donc commencer à planter maintenant pour avoir des arbres en 2030), c’est la même chose pour la biomasse, l’hydroélectricité, tout ceci nous permettra d’voir une configuration du modèle énergétique à 2030 ».

Chitour réitère encore son appel à plus d’économie de l’énergie et rappelle que l’Algérie ne peut pas se permettre de continuer de consommer 800 millions de mètres cubes de gaz par semaine « si nous continuons ainsi, en 2030 il n’y aura plus rien », estime-t-il. Il préconise donc la recherche d’autres modes de consommation. « C’est un appel que je lance, si la transition énergétique réussit, ce sera grâce à Sonelgaz et à Sonatrach, il faut que ces deux groupes changent de mode de réflexion et s’y mettent de manière efficiente », lance-t-il encore.

Le ministre annonce aussi un plan de 1000 mégawatts pour l’année prochaine, « car si nous réussissons à avoir ces 1000 mégawatts, nous allons économiser 300 millions de mètres cubes de gaz et nous pourrons payer une partie de nos équipements d’énergie solaire avec le gaz non consommé, c’est ce que nous dit le président : il faut chercher les financements là où ils se trouvent ». C’est donc pour cette raison que le ministère de la transition énergétique est en train de rechercher des partenaires qui vont permettre à l’Algérie de faire ce saut qualitatif.

Revenant aux économies d’énergie, le ministre de la transition énergétique estime que si les algériens arrivaient à économiser 10% sur les 60 millions de tonnes d’hydrocarbures, c’est-à-dire près de 45 millions de barils/an, soit 3 milliards de dollars « et nous pouvons y arriver si chacun de nous faisait un petit effort pour économiser l’énergie utilisée », rappelle-t-il. Outre l’économie, le ministre table aussi dans la conversion au GPL de 200 000 véhicules d’ici la fin de l’année et cette conversion sera réalisée par des entreprises jeunes, et il y en aura 500 000 pour l’année prochaine. Avec une projection vers la locomotion électrique, à l’instar des autres pays du monde qui s’y sont déjà engagés, et « l’Algérie doit aller dans le même sens », affirme-t-il, « même si cela devrait se faire petit à petit ».

Quant à Yacine Oualid, il rappelle que l’Algérie se trouve cette année dans une situation exceptionnelle en ayant devant elle trois transition : une transition économique, une transition générationnelle et une troisième énergétique. Pour son département ministériel, Yacine Oualid annonce qu’un certain nombre de réformes ont été entamées pour inciter les jeunes (et les moins jeunes) à innover, par la création d’un fonds d’investissement destiné aux Start-up, en plus d’autres mesures allant dans le même sens.

Enfin, et ce qui est nouveau pour ce salon, un concours pour récompenser les projets novateurs portés par des jeunes a été mis en place. Les candidats retenus présentera leurs projets devant un jury constitué de professionnels dans le domaine et d’académiciens spécialistes dans la gestion de projet et l’entreprenariat.

Tahar Mansour

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