Sahara occidental: l’Institut français de recherche IRD signe des accords illégaux avec le Maroc

Sahara occidental: l’Institut français de recherche IRD signe des accords illégaux avec le Maroc

L’Institut français de recherche pour le développement (IRD) a violé le droit international en signant des accords avec des institutions marocaines pour mener des recherches dans les territoires sahraouis occupés, a indiqué l’Observatoire universitaire international (Ouiso), organisme international s’intéressant à la situation au Sahara occidental. « Il y a un an (juin 2020), notre Observatoire découvrait que des partenariats scientifiques étaient en cours entre des institutions marocaines et l’IRD, institution de recherche publique française dont les tutelles sont le ministère français des Affaires étrangères et européennes et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, pour des recherches menées au Sahara occidental par les laboratoires PALOC et ISE-M » , indique l’observatoire dans un communiqué. « Le Sahara occidental étant reconnu internationalement comme un territoire non-autonome au sens du Chapitre XI de la Charte des Nations unies, dernier territoire en Afrique en attente d’une décolonisation, et la souveraineté du Maroc (puissance occupante) sur ce territoire n’étant pas reconnue par les instances internationales, nous avions immédiatement demandé copies des conventions auprès du représentant de l’IRD au Maroc », indique l’Ouiso.

Sans réponse des services juridiques de l’IRD, l’observatoire a adressé, le 22 décembre 2020, une lettre à la PDG de l’institut, Valérie Verdier. « Devant l’absence de réaction de la présidence de l’IRD et de son comité d’éthique, nous avons été contraints de saisir, le 20 mai 2021, la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) ce qui nous a permis d’obtenir, le 4 juin 2021, de la part de la PDG de l’IRD, les copies de ces conventions (annexes), qui prouvent que l’action de l’IRD est en violation du droit international et en discordance avec la non-reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental », ajoute la même source. Selon l’Ouiso, « la mauvaise volonté » de l’IRD à faire la lumière sur ces conventions pose la question de l’éthique de la gouvernance d’une institution qui se prévaut pourtant sur son site web de « défend(re) un modèle original de partenariat scientifique équitable avec les pays du Sud et une science interdisciplinaire et citoyenne », relève l’observatoire.

« Le fait que l’IRD signe des conventions avec la puissance occupante de ce territoire, où la guerre a repris en novembre dernier, apparaît comme un soutien assumé à une entreprise de colonisation, soutien assumé qui transparaît également dans les supports de communication de la représentation de l’IRD au Maroc, au mépris du peuple sahraoui qui vit sur ce territoire ou dans l’exil et qui subit chaque jour les effets de cette colonisation (répression des droits humains, transferts de populations venant du Maroc, pillage des ressources naturelles, etc.) », ajoute le communiqué. Par ailleurs, l’Ouiso exige l’annulation immédiate des accords conclus avec les institutions marocaines, appelant l’IRD à adopter une éthique plus conforme aux normes du Droit international, en particulier le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, aux règles du Droit international humanitaire ainsi qu’aux dispositions de la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé et de son deuxième protocole de 1999, rappelant que l’IRD s’expose à des poursuites judiciaires.

R.N.