Saïd Ayachi : « La France soutient le Maroc dans ses manœuvres pour assurer ses intérêts»

Saïd Ayachi : « La France soutient le Maroc dans ses manœuvres pour assurer ses intérêts»

La France qui soutient le Maroc au Sahara Occidental, est impliquée dans la perpétuation du dernier fait colonial en Afrique.

«La France qui a couvert toutes les turpitudes du régime de Rabat, pour lui éviter l’isolement et la condamnation, notamment au Conseil de Sécurité de l’ONU, lui apporte aussi un appui logistique en armement apporté par la France au Maroc pour « la poursuite de la guerre au Sahara occidental» ainsi que son «soutien  politique à l’expansionnisme marocain».

«Avec son droit de veto, elle a obtenu du Conseil qu’il n’adopte pas l’attribution d’un mandat de surveillance des droits de l’homme à la MINURSO, la mission de paix de l’ONU sur le terrain», a-t-on souvent déploré.

C’est dire que la responsabilité de la France dans le mal qui s’éternise, des Sahraouie est grande.

« La France s’oppose à protéger et à défendre les droits de l’homme au Sahara occidental. Elle soutient, également, le Maroc dans ses manœuvres au sein de l’Union européenne. Nous la retrouvons partout et nous sommes en droit de chercher une explication qui n’est valide  qu’avec le fait d’avoir un esprit colonialiste dont même ses instances officielles n’arrivent pas à se détacher » a dénoncé Saïd Ayachi.

Dans le même contexte, le président du Comité national algérien de soutien au peuple sahraoui (CNASPS), qui intervenait ce jeudi, sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale, a rappelé que la France, par l’intermédiaire du Maroc, « impose cette occupation puisqu’il s’agit du pont des intérêts français dans l’Afrique de l’Ouest principalement ».

Pour lui, « tous les dossiers internationaux du Sahara occidental subissent les pressions de la France, qui, en soutenant le Maroc  se tient contre le droit international au sein du Conseil de sécurité et s’oppose à l’application de sa résolution qui reconnaît le droit au peuple sahraoui de bénéficier d’un référendum ».

Revenant sur la nomination de Staffan de Mistura envoyé personnel pour le Sahara occidental, Saïd Ayachi  a souligné que l’Algérie a été parmi les pays qui ont le plus insisté sur la nomination de cet envoyé personnel de la part de l’ONU avec l’Afrique du Sud, l’Union africaine, et tout récemment l’administration Biden.

« Le Maroc n’avait pas le choix dans cette affaire pour pouvoir nommer un envoyé personnel marocophile »  a ajouté Saïd Ayachi.

Avant Horst Kohler, l’ONU avait déjà nommé trois médiateurs pour tenter de régler, en vain, le conflit au Sahara occidental, vieux de quarante six ans.

Il s’agit des deux américains James Baker et Christopher Ross, et du Hollandais Peter Van Walssun.

Mais pour le Front Polisario, la nomination d’un nouvel envoyé personnel n’est pas « une fin en soi », signalant que le rôle de cet émissaire est de « faciliter un processus de paix vigoureux et limité dans le temps qui conduit à l’exercice libre et démocratique par le peuple sahraoui de son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance ».

Après l’avoir refusée en mai dernier, alors que le Front Polisario l’avait acceptée, l’occupation marocaine a finalement donné son aval à la nomination de Staffan de Mistura sous la pression de puissances influentes au sein du Conseil de sécurité, qui ne tolèrent plus l’obstruction marocaine continue aux efforts du secrétaire général (de l’ONU) pour la relance du processus de paix au Sahara occidental.

M.M.H