Soixante ans après les Accords d’Evian : Le passif  entre l’Algérie et la France n’est pas vraiment assaini  

Soixante ans après les Accords d’Evian : Le passif  entre l’Algérie et la France n’est pas vraiment assaini  

 Le 19 mars 1962 a été proclamé le cessez-le-feu. Le FLN, qui a réussi à s’imposer comme unique interface des autorités françaises, l’a négocié de telle manière à garantir la pleine souveraineté des algériens sur leurs territoires, en concédant quelques privilèges pendant un temps prédéfini à la partie adverse. Le compromis entre les deux parties avait été signé la veille, à 17h40 selon les comptes rendus de la presse de l’époque, à Evian les bains (d’où le nom éponyme dudit pacte), aux frontières franco-suisses. Krim Belkacem a dirigé la délégation algérienne formée par Taieb Boulahrouf, Saad Dahmane, Mohamed Seddik Benyahia, Benmostefa Benoouda, Redha Malek, Lakhdar Benrobal, Mhamed Yanis et Seghir Mostefai (tous membres du gouvernement provisoire) a été validé par le référendum du 8 avril 1962 en France métropolitaine et par le référendum ds l’autodétermination du peuple algérien sur son l’indépendance le 1er juillet de la même année. Un vote favorable a sanctionné les deux consultations populaires.  

Il n’en demeure pas moins que des français, établis en Algérie n’ont pas admis ce qu’ils ont considéré comme « une capitulation» du général De Gaulle et de son gouvernement. Le cessez-le-feu est violé par les éléments de l’OAS, une organisation de l’armée secrète hostile à l’indépendance de l’Algérie.  Des attentats sont commis dans des quartiers habités par les algériens. Le célèbre écrivain Mouloud Feraoun compte parmi les nombreuses victimes de cette organisation, qui prônait la politique de la terre brûlée. S’en suivra un exode précipité des colons, pris en étau des affrontements intercommunautaires, provoqués par l’OAS.  

Au-delà, les Accords d’Evian ont configuré les fondements des relations entre l’ancien colonisateur et la jeune république indépendante. Soixante ans après, les clauses du pacte, dont celles gardées secrètes pendant des longtemps, n’ont pas vraiment assaini le passif de 132 ans de colonisation, avec ce qu’elle sous-entend comme exactions commises contre  un peuple spolié de sa patrie et opprimé à telle enseigne qu’il a été soumis au Code de l’indigénat.  

De nombreux dossiers, liés à la réappropriation  de la mémoire et de l’histoire commune et à la repentance de la France pour ses crimes commis en Algérie, demeurent en suspens. Aujourd’hui dans un message adressé à ses concitoyens, le président de la République a affirmé qu’il ne saurait y avoir prescription sur “ces crimes odieux”. Il a soutenu que l’Etat ne renoncera pas à des revendication capitales : la restitution des archives, la vérité sur le sort des disparus et l’indemnisation des victimes des essais nucléaires dans la région de  Reggane au milieu des années 50. De l’autre côté de la Méditerranée, on parle de débat dépassionné sur cette page de l’histoire écrite ensembles. L’on dénie toutefois aux algériens le droit au pardon et on glorifie les harkis par une loi votée récemment par le Parlement français.  

Soulef B. 

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