Tunisie : des manifestants dénoncent la politique du président Kaïs Saïed

Tunisie : des manifestants dénoncent la politique du président Kaïs Saïed

A Tunis, des manifestants se sont rassemblés, ce samedi 18 septembre, pour dénoncer ce qu’ils estiment être « un coup d’Etat » orchestré par le président Kaïs Saïed, il y a près de deux mois.

Le 25 juillet dernier, jour de célébration du 64ème anniversaire de la proclamation de la République de Tunisie, Kaïs Saïed a annoncé une foule de décisions que la plupart ont qualifié « d’historiques ». Tard dans la soirée, le président tunisien a limogé le chef du gouvernement, Hichem Mechichi.

En outre, il a gelé les pouvoirs du Parlement pour une période de 30 jours, avec une levée de l’immunité pour les députés, et pris également la tête du ministère public.

Depuis, ces mesures « d’exception » ont été reconduites. Si au départ, les Tunisiens ont salué largement « le coup de force » du président à travers des scènes de liesse un peu partout dans le pays, voilà que certains commencent à s’impatienter.

Selon la presse tunisienne, plusieurs dizaines de manifestants se sont rassemblés ce samedi devant le théâtre municipal, situé au niveau de l’avenue Habib-Bourguiba, en plein cœur de la capitale Tunis, pour réclamer plus de liberté. Le rassemblement n’a pas encore été dispersé.

Des slogans hostiles à Kaïs Saïed ont été scandés. Parmi lesquels figure le fameux « dégage » adressé lors de la révolution de 2011 à l’égard de l’ancien président tunisien, Zine el-Abidine Ben Ali.

« Kaïs Saïed le traître », « le peuple veut la chute du coup d’Etat », ont également crié les manifestants, d’après le site d’information Business News.

En face de ce rassemblement, des pro-Kaïs Saïed se sont regroupés pour apporter leur soutien aux décisions prises par le président. Très vite, les forces de l’ordre sont intervenues pour séparer les deux camps, indique la radio Mosaïque FM.

La situation politique en Tunisie demeure fragile. Plusieurs voix se sont élevées à l’international pour demander la formation rapide d’un nouveau gouvernement. Début septembre, le sénateur américain Chris Murphy, qui a rencontré Kaïs Saïed, l’a interrogé sur la perspective de « rétablir la démocratie représentative ».

Quelques jours plus tard, Josep Borrell, le haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère, est allé dans le même sens lors d’une visite à Tunis. Selon Le Monde, il a évoqué des « appréhensions européennes par rapport à la préservation de l’acquis démocratique en Tunisie ».

Une sortie que le président Saïed n’a, sans doute, pas digéré. Sur la page Facebook de la présidence, la Tunisie a affirmé qu’elle « n’acceptait pas de se trouver dans la position d’un élève qui reçoit des leçons ».

Skander Boutaiba