Un Aïd particulièrement chaud

Un Aïd particulièrement chaud

Il faut dire qu’au nord de l’Algérie, les températures sont saisonnières en ce jour de l’Aïd El Adha, entre 34°C et 40°C, ce qui arrive régulièrement vers la fin du mois de juillet de chaque année.

Là où cela fait plutôt très chaud, c’est dans les wilayas du Sud où le mercure affiche allègrement les 47° et plus, Adrar ayant été classée hier la ville la plus chaude de la planète. Nous avons l’habitude de cette chaleur.

L’autre chaleur qui fait très mal, c’est celle de la pandémie de covid19 dont le variant Delta fait des ravages en Algérie et ailleurs aussi. Nous ne comptons plus nos morts ni nos nouveaux contaminés, la barre des 1100 ayant été dépassée les jours passés et a plutôt frôlé les 1200 nouveaux cas.

Le nombre de morts a aussi atteint 18 (officiellement recensés au 19 juillet) en une seule journée, personne ne sait combien ils en sont morts en réalité. Les hôpitaux sont submergés et l’angoisse étreint de plus en plus d’algériens, des algériens qui ne croyaient presque plus à la dangerosité du coronavirus.

C’est la conséquence de l’augmentation très importante du nombre de cas annoncés par les autorités sanitaires mais c’est surtout parce qu’ils ont été touchés de plein fouet, dans leur chair, ayant perdu des membres de leurs familles, des amis, des connaissances, ayant appris le décès de personnalités publiques connues qui étaient en bonne santé.

Après la prière de l’Aïd, nous avons pu mesurer le degré de conscience auquel sont arrivés nos concitoyens : personne n’a osé embrasser son prochain pour lui souhaiter bon Aïd, ni même lui serrer la main ! Nous nous sommes tous contentés de souhaits de loin, bavette remontée sur le nez et à distance respectueuse l’un de l’autre, même les jeunes n’ont pas embrassé leurs parents.

Dans les quartiers, dans les maisons, c’est la même chose : des souhaits de loin, chacun ayant trop peur de choper le virus mortel de manière aussi bête. D’ailleurs nous apprenons à l’instant qu’en France, le nombre de contaminations a augmenté de 150 % « du jamais vu », estiment les autorités françaises.

L’Aïd El Adha a aussi été particulièrement chaud par les prix des moutons, par ceux des produits de première nécessité et par la rareté de l’eau et du lait. Les moutons ont connu des hausses entre 1 et 2 millions par tête par rapport à l’année écoulée. Le mouton de même corpulence, de même taille et de même âge coutant plus cher que son congénère de l’année passée.

Les fruits et légumes ont vu leurs prix revus à la hausse une dizaine de jours avant l’Aïd, la courgette étant passé de 50 DA le kilo à 280 les deux jours d’avant l’Aïd, les navets sont passés de 80 à 220 DA, les haricots de 150 à 350 DA le kilo.

La pomme de terre est passée à 80 DA le kilo et la salade laitue dépasse les 150 DA. Les raisins et la pastèque ont aussi connu des hausses, plus modestes, mais des hausses quand même, gagnant entre 10 et 25 % en l’espace de trois jours. Nous ne parlons pas des abats de moutons dont les prix ont été multipliés par cinq ou six et sur commande, s’il vous plait.

Un Aïd El Adha très chaud car l’eau, source de vie manque cruellement. Pour la capitale, la SEAAL avait annoncé l’ouverture des vannes à partir de la matinée, l’ADE aussi.

Mais il faut dire que cela a concerné certains quartiers « visibles » beaucoup plus que les quartiers invisibles, surtout pour la wilaya d’Alger alors que pour les communes des wilayas limitrophes gérées par l’ADE, la galère continue et les habitants ont été obligés de se rabattre sur les propriétaires de citernes qui leur ramènent de l’eau à 1200 DA les 2 mètres cubes, et il faut aussi attendre son tour, qui peut s’étendre de quelques heures à quelques jours, selon l’agenda très chargé du fournisseur.

Les robinets, quant à eux, sont demeurés secs, surtout dans les zones « ombragées ».

La très forte chaleur a aussi concerné les relations avec notre voisin de l’ouest qui a vraiment mal choisi le moment pour venir s’immiscer dans notre vie intérieure pour essayer de lever un lièvre qui s’est avéré beaucoup trop gros pour lui.

Les réponses, cinglantes, ont fusé de partout, surtout de ceux qu’il voulait faire passer pour un peuple oppressé et colonisé, alors qu’ils sont les véritables algériens, ils sont le peuple algérien. La marche grandiose initiée par les amazighs algériens n’a d’égal que le manque de vision et la niaiserie de nos cousins de l’ouest, qui sont aussi amazighs que nous autres.

Mais, heureusement, l’Aïd El Adha de cette année est intervenu aussi dans des conditions qui poussent à l’espoir, avec l’installation d’une nouvelle APN issue d’élections très propres et très transparentes, avec un président de l’APN issu d’une région AMAZIGHE (message à nos voisins de l’ouest) et composée essentiellement de jeunes et de militants qui ont causé une rupture totale avec les anciennes pratiques.

Le rose se voit aussi dans le lancement de très nombreux projets entrant dans le mise en œuvre de la relance économique prônée et promise par le président de la république afin de sortir l’Algérie du marasme économique dans lequel elle se débat depuis plusieurs années et, surtout, afin de sortir de la gangue de la dépendance aux hydrocarbures qui a conduit à un néocolonialisme qui liait les mains à tous les dirigeants, véreux ou non.

La marche entamée ces derniers mois ne peut qu’aboutir à une Algérie nouvelle, véritablement indépendante, faite de justice, de droit et de travail.

Il y a aussi l’espoir né des décisions courageuses prises par le président Abdelmadjid Tebboune qui a signé plusieurs décrets de grâce touchant des jeunes algériens qui ont été induits en erreur et qui ont finalement compris où était leur intérêt, ainsi que les candidats au bac qui ont triché, non pas parce qu’ils sont foncièrement mauvais, mais parce qu’ils voulaient réussir dans la vie et faire profiter leur pays de leur savoir.

Par ces gestes, ces algériens sont véritablement apaisés et savent maintenant qu’ils sont dans leur pays, un pays qui leur tend les bras même quand ils se trompent de chemin.

Il y a aussi de beaux espoirs qui attendent les Algériens, nous sommes dans une période difficile certes, mais  que nous devons traverser avec honneur, laquelle  période  qui affutera nos armes et renforcera notre volonté de toujours aller de l’avant.

L’Algérie est sur la bonne voie, n’en déplaise à ses détracteurs, elles s’est relevée après plusieurs croc-en-jambe de la part de tous ceux qui lui envient ses jeunes talents, ses richesses naturelles et humaines et tout le potentiel qu’ils voudraient bien s’accaparer. Non, l’Algérie n’abdiquera jamais, elle se relève déjà avant même de tomber grâce à toute l’énergie de ses enfants.

Saha Aidkoum.

Tahar Mansour