« Une » polémique d’El Watan : le ministère des Affaires religieuses condamne

« Une » polémique d’El Watan : le ministère des Affaires religieuses condamne

Le quotidien El Watan est au cœur d’une polémique. Dans son édition de ce lundi, le journal d’expression francophone est revenu, à l’image de tous les journaux algériens, sur les funérailles de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika.

Publiée en « Une », la photo d’un article intitulé « Des obsèques à minima » montre le cortège funèbre qui était au niveau d’El Mohammadia, à l’est d’Alger. Le hic c’est que l’arrière-plan de ladite photo semble avoir été modifié. Si le reste du décor semble être intact, le minaret de la Grande mosquée d’Alger a disparu comme par enchantement.

De quoi mettre en colère une bonne partie des internautes algériens qui ont fustigé l’attitude d’un quotidien national qui se targue d’être professionnel. Laquelle colère semble avoir atteint des sphères plus hautes.

Malgré les excuses officielles présentées, El Watan n’a pas réussi à convaincre. Ni l’opinion publique, ni le gouvernement n’ont été sensibles à son message publié sur sa page Facebook et dans lequel la rédaction avance « un malheureux traitement technique au niveau du service PAO du journal ».

Le ministère de la Communication a été le premier à dénoncer. Dans une mise en garde adressée au quotidien, le ministre Ammar Belhimer a affirmé que la Une d’El Watan constitue une violation flagrante des dispositions des textes réglementaires.  Pour lui, « cet écart aux normes de déontologie et au professionnalisme visant à dénaturer un symbole de l’Etat » est condamnable.

Même son de cloche chez le ministère des Affaires religieuses et des Wakfs. Dans un communiqué publié, le département Youcef Belmehdi a exprimé son étonnement à la suite de ce comportement injustifié émanant « d’une tribune médiatique nationale qui dit être professionnelle ».

« La mosquée d’Alger est un monument religieux, culturel, scientifique et civilisationnel qui écrit l’histoire de l’Algérie indépendante et adresse un message de fidélité aux martyrs (de la lutte contre la France coloniale) avec une symbolique historique, culturelle et religieuse (…) cet acte est une violation manifeste de la mémoire du peuple algérien et une transgression flagrante des lois de la République », fustige le communiqué.

Condamnant avec force la Une d’El Watan, le ministère des Affaires religieuses estime que « cet acte ne peut être accepté par la spontanéité comme il ne peut être pardonné par la simple invocation de l’erreur (professionnelle) ».

Enfin, le ministère met en garde que ce genre de violations peut conduire à des poursuites administratives et des procédures judiciaires.

Skander Boutaiba