Zakari Moumni, le boxeur que Mohamed VI voulait « liquider »

Zakari Moumni, le boxeur que Mohamed VI voulait « liquider »

Certains Marocains, ne sont vraiment pas fiers de l’être.  C’est le cas notamment de Zakaria Moumni ancien champion du monde de kick-boxing.

Ce dernier, on le voit clairement dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, déchirer tout simplement son passeport (marocain) en direct sur le plateau d’une télévision.

Mais qu’est ce qui a fait que ce champion réagisse de la sorte ? Il n y a jamais de fumée sans feu.

En effet, les déboires Zakaria Moumni commencent en 1999, année durant laquelle, il est sacré champion du monde. Au Maroc,  un décret royal permet à chaque champion sportif d’obtenir un poste de conseiller ou d’éducateur sportif, un titre que Zakaria Moumni ne cesse de revendiquer, jusqu’à interpeller publiquement Mohammed VI, chose qu’il n’obtiendra jamais.  Bien plus. Il est même séquestré et torturé.

Le champion du monde va vivre un véritable calvaire de 17 mois dans les geôles marocaines

« Je deviens donc champion du monde en 1999, je revendique un droit, puis je suis persécuté par les autorités marocaines, menacé, enlevé, séquestré, torturé, emprisonné arbitrairement », raconte-t-il dans un témoignage repris par des médias.

 « On était entassés comme des bêtes à 50 par cellule avec une ration d’eau par jour. J’étais entouré de fous. J’avais l’impression que j’allais me transformer en bête si je voulais survivre », avait-il soutenu.

Parmi ses tortionnaires, il a reconnu, sans surprise aucune,  le chef de la police du roi, Abdellatif Hammouchi, …

Libéré de prison,  un émissaire du souverain est allé lui proposer de l’argent contre la promesse qu’il ne portera plus atteinte à la réputation du roi et qu’il renoncera à porter plainte contre les bourreaux qui l’ont torturé.

Il décide de partir pour la France, où il obtient le statut de réfugié. Il pense alors que tout cela va s’arrêter.

« Je reviens en France, je réclame justice au pôle spécialisé en crimes contre l’humanité au Tribunal de Paris. Dans leur enquête, il y a des preuves de mon enlèvement et de ma séquestration qui incriminent directement le chef du contre-espionnage marocain », explique-t-il.

Puis viennent les menaces, les intimidations, les menaces de mort, jusqu’à la tentative d’assassinat et même un appel au meurtre sur les réseaux sociaux.

Rien d’étonnant dans ce  royaume où les libertés individuelles et les droits sont bafoués au quotidien……..Les rapports établis dans ce sens par les organismes internationaux sont édifiants.

L’assassinat de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka le 29 octobre 1965 avec la complicité de la France est toujours en mémoire.