Eclairage
Insurmontables contradictions
Par Mohamed Abdoun
Jean-Noël Barrot, chef de la diplomatie française s’est exprimé hier devant le Parlement de son pays. Il y a donné l’air d’avoir tout dit. Mais n’a rien dit non plus. Comme sait le faire tout bon diplomate, il a œuvré à satisfaire deux parties totalement et absolument antagonistes. Admirable exercice sémantique s’il en fut. Admirable, oui. Mais, sans prise réelle sur les évènements. Se dire attachés au droit international tout en se référant aux orientations du président Macron, s’agissant de la décolonisation du Sahara Occidental, revient à se contredire soi-même. Macron défie vertement le droit international en parlant de souveraineté marocaine sur ce territoire non-autonome, sans donner au peuple sahraoui le droit de décider librement et souverainement de son destin par voie référendaire. Il finit de compromettre la place de la France au sein du conseil de sécurité en tant que membre permanent. Pour faire court, aller droit au but, et éviter les fioritures stériles, nulle solution à ce conflit n’est envisageable en dehors du respect du droit international. Or, celui-ci passe inexorablement par une consultation référendaire. Les conseillers de Macron le savent mieux que personne. Lui, qui vient d’honorer une islamophobe et un sioniste notoire. Car, le même souci se pose pour la Palestine aussi. Le droit international n’y est guère respecté. Les lois sont appliquées, ou ne le sont pas, à la tête du client. Un mandat d’arrêt international ne s’applique que suivant la longueur du canon pour la lourdeur des bourses. Et, accessoirement, la couleur de la peau. Il est temps de dire les choses clairement. De cesser de perdre du temps, de laisser les drames perdurer. 70 ans pour la Palestine, et 50 ans pour le Sahara Occidental. Il y a là beaucoup plus de temps qu’il n’en faut. Oui, si la volonté politique y était vraiment. Il est temps de cesser de tergiverser. De dire la chose et son contraire. De satisfaire le chou et la chèvre. La France des hautes valeurs humaines, qui refusent à ce jour de reconnait ses crimes coloniaux commis en Algérie, mérite certainement mieux que cela. Il faut se réveiller, redresser la barre, tant qu’il en est encore temps. Avis !
M.A.