La Cédéao maintient les sanctions : qui cherche à asphyxier l’économie malienne ?

La Cédéao maintient les sanctions: qui cherche à asphyxier l’économie malienne ?

Les dirigeants de la Communauté des Etats ouest-africains (Cedeao) ont maintenu vendredi les sanctions imposées au Mali depuis le 18 août dernier, exigeant à présent la nomination urgente d’un Premier ministre civil avant leur levée.

Pourtant, un président et un vice-président de transition au Mali, Bah Ndaw, retraité de l’armée, et le colonel Assimi Goïta, qui ont prêté serment ce vendredi à Bamako devant la Cour suprême, s’attendaient à une réaction positive de la Cédéao.

Cette investiture est censée engager le début d’une période de transition d’une durée maximale de 18 mois préparant des élections générales et le retour des civils à la tête du pays, comme l’a indiqué le procureur général près la Cour suprême, Boya Dembélé.

Si les sanctions se poursuivaient, l’économie malienne déjà très mal en point à cause de la crise sanitaire, risquerait d’être asphyxiée par cette intransigeance d’une Cédéao devenue subitement très regardante sur l’ordre constitutionnel des pays africains, depuis qu’un curieux client s’est immiscé en son sein, en l’occurrence la Maroc.   

Selon les dernières informations des douanes maliennes, les recettes douanières payent déjà un « lourd tribut » des sanctions décrétées par cette Communauté Economique régionale.

« En un peu plus d’un mois après le départ du président IBK, les recettes douanières sont passées de 47,4 milliards à 40,3 milliards de FCFA », déplorent les douanes maliennes.

Le Maroc s’est incrusté dans la Cédéao en 2017 année où il a décidé de rejoindre l’Union africaine qu’il avait quittée début 1980 pour protester contre l’entrée de la RASD dans cette institution africaine. Aujourd’hui, il utilise sa position de membre observateur de la Cédéao pour influencer les décisions de celle-ci et des Etats membres y compris en recourant à la corruption, pour isoler tout pays de la région qui continue de ne pas soutenir son occupation du Sahara Occidental.   

Dans quelques jours, les nouvelles autorités de la transition vont nommer un Premier ministre civil, on verra alors si la Cédéao lèvera ou non ces sanctions contre un pays vulnérable à tous points de de vue.

Abbes M.