Lotfi Saidi : Un maestro qui tutoie les grandes œuvres

Lotfi Saidi : Un maestro qui tutoie les grandes œuvres

«Des Asturies à Constantine», un concert de musique symphonique célébrant la fête nationale d’Espagne et l’Amitié algéro-espagnole, a été animé jeudi soir à Alger, par l’Orchestre symphonique de l’Opéra d’Alger, dirigé d’une main de maître par Lotfi Saidi, un maestro qui tutoie les grandes œuvres.

Devant le public relativement nombreux de l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaih, Lotfi Saidi, dont le nom est désormais associé aux grandes œuvres de la musique universelle, a enchanté l’assistance avec un programme prolifique, hispano-algérien, exécuté en deux parties par une quarantaine de musiciens virtuoses.

Dans des atmosphères solennelles et devant une assistance debout, les Hymnes nationaux de l’Algérie et de l’Espagne, exécutés par l’Orchestre symphonique de l’Opéra d’Alger, ont retenti, donnant ainsi le ton à une soirée commémorative qui allait célébrer, 70 mn durant, l’amitié entre les deux pays dans un climat festif. Essentiellement du XIXe siècle, des airs célèbres des grands maîtres de la musique espagnole, Manuel De Falla (1876-1945), Issac Albéniz (1860-1909), Pascual Marquina (1873-1948), Antonio Alvarez (1784-1820) et Ruperto Chapi (1851-1909), ont constitué le premier volet de la soirée, brillamment rendu par l’ensemble des musiciens.

Dans des atmosphères sobres embellies par un éclairage de grands soirs, l’assistance a pu insi apprécier les pièces, «La danse du feu», «Asturias», «Espana Cani», «Suspiros de Espana» et «El Tambor de Granaderos», respectivement. Le deuxième volet du concert consistait en un florilège de plusieurs enchaînements musicaux du terroir, «Suite malouf», «Suite kabyle», «H’Mama», «Hoggar», «K’Sour Dzayer», «Ziyara à Oran», «El Kesba wana wlid’ha» et «Arsam Wahran», notamment.

Arrangés par Sid Ahmed Belli et les regrettés, Rachid Saouli (1952-2017), Abdelwahab Salim (1931-1999) et «Hocine Bouifrou» (1965-2020), cette belle randonnée onirique a permis de rappeler la richesse du patrimoine musical algérien, dont les mélodies et les cadences rythmiques se prêtent naturellement à la distribution polyphonique.

Maestro-animateur, Lotfi Saidi interagissait avec le public qu’il faisait intervenir à des moments choisis pour battre la mesure en tapant des mains.

En présence de l’ambassadeur d’Espagne en Algérie, Fernando Moran et ses invités, représentants de différentes missions diplomatiques accréditées à Alger, le public a longtemps applaudi les musiciens, savourant tous les moments du concert dans la délectation.

Né à Alger, Lotfi Saidi, violoniste et chef d’orchestre a suivi des formations supérieures à Alger et en France, pour diriger successivement les orchestres des instituts, régional (Irfm) et national (Insm), puis pour la première fois, l’Orchestre symphonique de l’Opéra d’Alger, lors du 11e Festival Culturel international de la musique symphonique.

Avant le concert, le public a visité le «Musée de l’Opéra», un nouvel espace récemment ouvert dans le hall de l’édifice, dédié à la «sauvegarde et la préservation de la mémoire patrimoniale», a expliqué la directrice générale de l’Opéra d’Alger, Fatma Zohra Namous Senouci.

Le concert «Des Asturies à Constantine» a été organisé par l’ambassade d’Espagne en Algérie et l’Institut Cervantès d’Alger, en collaboration avec l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaih.

R.C.