Marche de la liberté : Carton plein à Bressuire !
Naâma Asfari s’est adressé en direct aux manifestants depuis la prison marocaine de Kenitra, via les hauts parleurs. Grand moment d’émotion, et de solidarité combative !
Comme nous le disait Claude Mangin, épouse de Naâma Asfari, dans un entretien avant le lancement de la marche de la liberté des prisonniers politiques, l’objectif de ce grand évènement, d’envergure européenne, voire planétaire, est de toucher et de sensibiliser au moins une centaine de millier de personnes.
Or, tout porte à croire que cet ambitieux objectif sera largement atteint et dépassé. Preuve en est que la seconde étape de cette marche épique, celle de Bressuire, a été couronnée d’un franc succès. Hier, à 11 heures du matin, la foule des grands jours a pris part à une marche qui a mobilisé plus d’une centaine de personnes.
« Les portraits des prisonniers politique sahraouis ont défilés dans la ville avec les bannières « prisonniers sahraouis, otage d’une occupation illégale ». « Des français du coin aux côté des sahraouis.
Des témoignages touchants, comme ce français qui dit que ses voisins sont sahraouis, ils ne sont pas là en ce moment mais lui est là, sensibilisé par des habitants sahraouis très appréciés à Bressuire ».
Les Sahraouis, et j’en suis garant et témoin, sont en effet des gens d’agréable compagnie.
D’une gentillesse et d’une tolérance extrêmes. D’où cette idée que l’indépendance de la RASD sera un facteur essentiel de stabilisation du Sahel et de lutte de lutte contre le terrorisme. Arrive enfin le clou de cette manif à tout le moins historique.
« Le cortège était escorté par la LDH (ligue des droits humains). À un moment, Naâma a appelé depuis la prison. Nous avons mis le haut parleur et le micro de manif près du téléphone pour tous entendre Naâma. C’était très émouvant, de l’entendre au milieu de nous tous ».
Moment de silence, d’émotion et de recueillement. Naâma Asfari, porte-parole des emblématiques prisonniers politiques de Gdeim Izik, torturé, arbitrairement condamné, incarne avec son épouse un courageux défi à l’autorité coloniale du Maroc. Interpelle aussi la légalité infernale. Celle-ci exige en effet que les prisonniers politiques sahraouis soient libérés de suite, et sans conditions.
Mais aussi, que le Makhzen se plie enfin aux nombreuses résolutions du conseil de sécurité de l’ONU, don la « 15-14 », prévoyant la tenue d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui. « Environ 200 familles sahraouies habitent ici – du territoire occupé ou des campements. Notre cortège a finit à la salle Baritauderie, pour une longue tablée dehors pour déjeuner ensemble un délicieux plat préparé par les associations sahraouies».
C’est dire que cette marche de la liberté, qui a pour elle le droit et la morale, ne laisse plus insensibles aucun Français. Le successeur de Macron aura sans doute à ramener la France vers le respect de la légalité internationale sur la double question sahraouie et palestinienne.
Côté contre-manif du Makhzen, ses agents, esseulés, pathétiques avec leurs portraits de Mohamed VI, ont fini de se ridiculiser en s’affublant grossièrement des tenues traditionnelles sahraouies. Manque de pot, l’organisation tribale des sahraouis faits que (presque) tout le monde connait tout monde. Les usurpateurs sont donc très vite démasqués et raillés come il se doit. Aucun d’entre eux ne sait porter la Deraâ correctement. « Je suis allée voir la maigrichonne contre-manif marocaine – même style que Tours pour l’esthétique drapeau/portraits du roi/ et appropriation culturelle. Vraiment ridicule, des berbères déguisés en sahraoui. Pas de public, ou d’interactions avec gens extérieur.
Dès que j’approche c’est comme pour Tours, on te demande ton nom, pourquoi tu filme, etc. Faut leur expliquer qu’un rassemblement ça se photographie. Mais plus respectueux ici par rapport à Tours. Certains venaient de Limoges, Poitiers, etc, des trajets de plusieurs heures pour sortir un drapeau marocain ».
Ce précieux témoignage nous vient du cœur de l’évènement. Le Makhzen est largement débordé par cette belle et éclatante marche des libertés. Il tente de sauver les apparences en payant cher les déplacements de ses agents, venus brandir un portrait, intimider, se taire faute d’arguments. Pathétique !
Mohamed Abdoun