Le GRTE, une filiale de Sonelgaz aux multiples « savoir-faire »

Le GRTE, une filiale de Sonelgaz aux multiples « savoir-faire »

A quelques encablures de Boudouaou, une commune de la wilaya de Boumerdès située à 35 kilomètres d’Alger, se trouve un poste de lignes à haute et très haute tension appartenant à la Société algérienne de gestion du réseau de transport de l’électricité (GRTE).

Filiale du groupe Sonelgaz, cette dernière est spécialisée, comme son nom l’indique, dans « l’exploitation ainsi que dans la maintenance et le développement du réseau de transport de l’électricité ».

Nabil Yousfi, président directeur général de GRTE

Une opération particulière

D’une tension de transport de 220 000 volts, ce poste source est l’un des plus importants en matière d’alimentation en électricité de la région algéroise avec celui d’Ouled Fayet, une autre ville de la banlieue située au sud-ouest de la capitale. « Bien sûr, à Alger-centre, il en existe d’autres. Cela dit, ils sont de moindre importance », note Baya Hammat, la directrice de l’exploitation de GRTE, dans une déclaration à La Patrie News.

Mme Baya Hammat, directrice de l’exploitation au sein de GRTE

Depuis une semaine, une opération de lavage des isolateurs des lignes à haute et très haute tension bat son plein au poste Boudouaou et au niveau de celui d’Oran. Il s’agit, à la base, d’une campagne nationale programmée mais « le taux d’humidité très élevé de ces derniers jours l’a intensifiée », explique, de son côté, Nabil Yousfi, président directeur général (PDG) de la société.

« Le phénomène en question a engendré une montée d’un brouillard très dense et chargé de sel marin qui se dépose sur les isolateurs supports des lignes et des postes, entraînant des amorçages et des contournements », ajoute-il.

En clair, les dépôts salins et / ou de diverses particules issus de la pollution, notamment à la suite des incendies ravageurs survenus dans des wilayas proches d’Alger, provoquent « des courants de fuite sur les isolateurs des lignes haute et très Haute Tension ». Ces nettoyages « spécifiques » deviennent, par conséquent, une nécessité absolue pour sécuriser l’alimentation en électricité en ces jours chauds et humides.

Ils ont par ailleurs la particularité de se faire « sous tension ». Autrement dit, sans que l’électricité ne soit coupée.  « Nous avons mis en place un dispositif particulier. Il y a douze équipes qui, chaque jour, font des lavages (au poste de Boudouaou) sans couper l’électricité pour éviter lesdits contournements », indique M. Yousfi.

En résumé, c’est « une opération préventive qui a été renforcée à cause de la chaleur et de l’absence de pluie ». « Lorsqu’il pleut beaucoup en hiver, nous ne procédons à aucun lavage car il se fait naturellement », fait savoir Saïd Mokhtar, directeur du transport de l’électricité à GRTE.

A Oran, en parallèle, dix équipes sont en action pour un total de plus de 180 agents mobilisés dans les deux régions. « Nous faisons appel aux équipes basées dans les régions où ce phénomène est de moindre ampleur. Nous avons mobilisé des équipes d’Annaba, de Sétif, de Hassi Messaoud (Ouargla) qui travaillent d’arrache-pied », assure le premier homme du GRTE.

Un vrai savoir-faire

Le déroulement des opérations, quant à lui, donne l’impression d’être simple de prime abord. Ce n’est pas réellement le cas. Compétence et maîtrise sont hautement exigées. « Elles se déroulent quotidiennement entre 4h00 et 9h00 du matin pour ne pas fragiliser le réseau. Les isolateurs des lignes sont rincées avec de l’eau déminéralisée (appelée communément distillée) », résume notre interlocuteur.

La directrice de l’exploitation enchaîne : « les équipes (à bord d’un camion de lavage équipé d’une citerne et d’un bras de levage) s’approchent des lignes qui transportent 220 000 volts pour les laver avec de l’eau déminéralisée sans couper l’électricité ».

Si les circonstances le rendent possible, l’ouvrage qui fait l’objet de nettoyage est, bien évidemment, isolé. Un luxe que les agents et les lignards du GRTE ne peuvent pas se permettre lorsqu’ils interviennent dans le Grand Alger ou à Oran. « Quand nous le faisons, c’est qu’il y a quelque part du secours », remarque Mme Hammat. Et de préciser, « mais quand nous intervenons sur une artère stratégique comme ici au poste Boudouaou, nous le faisons sous tension ».

 

Plus en détail, la technique de travaux sous tension, à laquelle a recours le GRTE, a été acquise grâce au transfert de savoir-faire. Ses éléments la maîtrisent depuis plus de deux décennies. « Nous avons été formés par Hydro-Québec (une société d’État québécoise responsable de la production, du transport et de la distribution de l’électricité au Québec) qui est leader en la matière », souligne le PDG.

Avec le temps, la Société algérienne de gestion du réseau de transport de l’électricité a non seulement réussi à préserver cet acquis, mais elle est devenue formatrice. « Nous formons nos propres équipes dans l’école de Sonelgaz implantée à AïnM’lila (wilaya d’Oum El Bouaghi) », affirme-t-il. Et d’ajouter, « nous avons nos propres experts qui sont capables de former ».

Le GRTE à l’international

Les services du groupe Sonelgaz sont de plus en plus sollicités à l’international, notamment en Afrique et dans certains pays voisins, à l’image de la Libye. Cela profite naturellement au GRTE « qui va prochainement former des équipes libyennes ». « Récemment, lorsque nous étions en visite en Libye en compagnie du PDG du groupe (mi-juin), nos homologues nous ont demandé de former leurs équipes », révèle-t-il.

Said mokhtar, directeur du transport de l’électricité au sein de GRTE

Au niveau national, les agents du GRTE ont été en première ligne pour intervenir dans les régions touchées par les feux de forêt. « Nous avons des équipes mobilisées en Kabylie, dans le massif de Collo (Skikda), dans la wilaya de Jijel et dans la wilaya d’Aïn Defla pour rétablir les lignes à très haute tension immédiatement », confie M. Yousfi.

Une utilité et une efficacité qui rendent la directrice de l’exploitation fière de son entreprise et du groupe Sonelagz, ce « fleuron algérien » comme elle le qualifie. « C’est une école, voire une institution, qui a une fonction de service publique », signifie-t-elle. Et d’ajouter : « nous sommes fiers d’être au service de l’Algérie ».

SkanderBoutaiba