Un éminent politologue l’a soutenu sur El Independiente : « L’Algérie s’impose comme une puissance incontournable en méditerranéenne »

Un éminent politologue l’a soutenu sur El Independiente : « L’Algérie s’impose comme une puissance incontournable en méditerranéenne »

A mesure que s’égrènent les jours et les semaines, le retour en force de l’Algérie sur les devants de la scène internationale n’en finit plus de se confirmer et de se renforcer. Le constat-témoignage que voici nous vient cette fois-ci d l’éminent politologue Guillem Pursals, titulaire d’un master en sécurité, spécialisé dans les conflits, la sécurité publique et la théorie de l’État. Il s’est exprimé sur le sujet dans une longue et profonde analyse sur les colonnes du journal espagnol El Independiente. Certes, pour lui, la crise ukrainienne a accéléré cette redistribution des cartes géopolitiques, mais cette approche, par  trop superficielle et restrictive, ne suffit pas à elle seule à expliquer l’intense ballet diplomatique constaté à Alger ces toutes dernières semaines. Non l’aspect lié à la disponibilité des énergies fossiles n’explique pas seule les actuels chamboulements géostratégiques. «  tout a changé lorsque l’Espagne a annoncé son changement de position sur la question du Sahara occidental. De l’évolution dans le cadre de ce qui a été convenu par les Nations Unies et les différentes résolutions, à la défense de la position du Maroc dans laquelle le Sahara Occidental est une région plus marocaine avec un certain degré d’autonomie », attaque l’analyste qui prouve à quel point l’influence de l’Algérie a pris une ampleur incommensurable sur le plan international. « Ce changement (la trahison espagnole de la cause sahraouie. NDLR) a été effectué de la pire façon possible, et au pire moment, lors du voyage diplomatique de Ramtane Lamamra, ministre des Affaires étrangères et de la Communauté à l’étranger, en Chine. La première réponse que l’Espagne a reçue est venue de la Chine, de manière critique et énergique. Quelques jours plus tard, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la même position ». Le constat dressé par cet expert est en effet criard et sans appel : « L’Algérie, un pays qui avait perdu beaucoup d’influence en raison des crises politiques continuelles, l’a soudainement regagnée et a été renforcée par le revirement brusque de Moncloa (siège du gouvernement espagnol. NDLR) sur le Sahara. L’Algérie, un pays qui avait perdu beaucoup d’influence en raison de crises politiques continuelles, l’a soudainement regagnée et a été renforcée par le brusque revirement de Moncloa. Cela a non seulement conduit à la résiliation de l’accord gazier avec l’Espagne, mais le gouvernement algérien a également changé de partenaire privilégié, passant de l’Espagne à l’Italie. Toute l’influence énergétique que pouvait avoir la péninsule a disparu d’un seul coup après une rencontre entre le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, et Mario Draghi. L’Europe continuerait à avoir du gaz, mais l’Algérie déterminerait comment et avec qui ». ce n’est pas tout. L’économique détermine le politique comme chacun le sait. O, rappelle encore cet expert, « en quelques jours, la Chine a conclu un accord macro-commercial de 7 milliards de dollars avec l’Algérie pour l’extraction de phosphates, et a réussi à retirer l’Espagne de la stratégie énergétique de l’UE à titre de sanction. Et dans un retour aux anciennes traditions, malgré l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les forces armées algériennes ont participé à des manœuvres conjointes avec les forces armées russes près de la frontière avec le Maroc. Ces actions n’ont entraîné aucune conséquence ni aucun avertissement. Une neutralité prononcée en faveur de l’Ukraine, associée au maintien des contacts avec la Russie, à l’attraction des investissements chinois et au maintien d’une voix faisant autorité sur la question du Sahara occidental, définira la diplomatie algérienne en avril ». Le phosphate, comme chacun le sait, est la principale ressource naturelle que le Maroc pille outrageusement au Sahara Occidental occupé, et à laquelle Mohamed VI doit son incommensurable richesse. La suite, il est aisé de la deviner. D’autant que la diplomatie algérienne manœuvre adroitement sur plusieurs fronts, tous plus porteurs et fructueux les uns que les autres. « Les relations de l’Algérie avec les pays du Moyen-Orient sont également pertinentes. Les amitiés avec l’Arabie saoudite, le Qatar, la Syrie, la Turquie et les Émirats arabes unis sont cordiales, et les investissements dans le pays sont en augmentation. Bien qu’elle soit opposée à la normalisation des relations diplomatiques avec Israël, l’Algérie maintient des liens avec les pays qui ont signé les accords d’Abraham. L’annonce de l’amélioration des communications entre Dubaï et Alger grâce à l’établissement de nouvelles liaisons aériennes en est un exemple ». ce très intelligent équilibrage des positions est à même de garantir la poursuite du redéploiement de notre diplomatie, mais aussi d’assurer la réussite du sommet arabe, dont la date-symbole est pour le premier novembre prochain. Guillem Pursals, qui évoque au passage le projet chimérique de pipeline entre le Nigéria et le Maroc, qui ne risque pas d’être opérationnel avant 2046 dans le meilleur des cas, c’est Alger qui fixera le tempo et dictera les orientations en méditerranée tant orientale qu’occidentale. Mais en Afrique aussi. Le Maroc voisin, qui a introduit le loup sioniste dans la bergerie maghrébine, n’a donc qu’à bien se tenir…

El Ghayeb Lamine

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