Affaire Lafarge en Syrie : L’Occident a bel et bien financé le terrorisme qu’il prétendait combattre

Affaire Lafarge en Syrie : L’Occident a bel et bien financé le terrorisme qu’il prétendait combattre

La question du financement du terrorisme a de nouveau été soulevée en France avec la décision de la Cour de cassation d’annuler l’accusation de complicité de crimes contre l’humanité retenue contre le géant français du ciment, Lafarge.

L’enquête, lancée en 2017 en raison des liens économiques de Lafarge avec l’organisation terroriste Daech, était fondée sur le financement du terrorisme.

Comme le montrent les documents publiés par l’Agence Anadolu (AA), Lafarge a rémunéré Daech pour maintenir l’activité de son usine en Syrie, à la connaissance des services de renseignement français.

Cela a ouvert la voie à des poursuites judiciaires contre l’entreprise pour complicité de crimes contre l’humanité.

L’usine Lafarge, située à 50 km au sud-est d’Ayn al-Arab, dans le Nord de la Syrie, était non seulement une base militaire utilisée par les États-Unis comme centre de coordination avec les YPG, mais a également continué à servir de gage de coopération entre Lafarge et Daech alors que Daech dominait la région.

Cependant, il convient de noter que Lafarge n’est pas la seule entreprise qui tient à protéger des grands investissements, n’hésitant pas à travailler avec des organisations terroristes à cette fin.

A l’image de Lafarge, force est de constater que l’Etat français soutient ces sales agissements d’une entreprise de son pays, en dépit des interdictions et sanctions officielles.

Comme le montrent les documents rendus publics, Lafarge a poursuivi ses activités pendant cette période avec la connaissance et l’approbation des services de renseignement français.

Contrairement à d’autres entreprises françaises, Lafarge, qui n’a pas arrêté ses activités en Syrie malgré la guerre civile déclenchée en 2011, a maintenu active son usine en forçant les travailleurs locaux à venir travailler dans un environnement de guerre civile.

L’usine, qui se trouve à 50 km d’Ayn al-Arab, a poursuivi ses activités en 2014 malgré les affrontements entre les YPG et Daech dans la ville et ses environs, et a tenté de transformer l’environnement de guerre civile en opportunité en maintenant actives ses relations avec les deux organisations terroristes, avant et après les évènements.

Fait intéressant, Lafarge a payé environ 20 mille euros par mois pour le fonctionnement de son usine entre 2013 et 2014, et achetait du pétrole pour l’utiliser dans l’installation à cette organisation terroriste, qui détenait les ressources pétrolières de la Syrie à l’époque. En outre, on sait également que les premiers acquéreurs des produits fabriqués étaient des organisations terroristes à l’instar de Daech et YPG. Christian Herrault, l’un des plus hauts responsables de Lafarge à l’époque, s’est défendu, affirmant que l’Etat islamique n’était pas une menace terroriste à l’intérieur du pays, et qu’il s’agissait essentiellement d’un problème de la Syrie.

En fait, c’est un exemple important de l’Occident qui reflète sa compréhension déformée du terrorisme.

Lafarge, avant la relation avec Daech qui est au centre de la plainte, entretenait des relations étroites avec les YPG qui ont contrôlé la région. Le fait que l’ancien Président français, François Hollande et l’actuel Président, Emmanuel Macron entretiennent des relations étroites avec les YPG, et même que ces deux dirigeants aient accueilli les soi-disant porte-parole de l’organisation terroriste YPG en France, révèle cette sale relation. Un autre fait révélé par le scandale Lafarge est le double standard de l’Occident en matière de terrorisme.

Lafarge, qui a financé l’organisation terroriste Daech avec la connaissance et l’approbation des services de renseignement français, entretenait la même relation sale avec les YPG, la branche syrienne de l’organisation terroriste PKK, dans les mêmes zones après Daech.

Les forces américaines, forcées de quitter la région après l’opération Source de Paix, ont en fait essayé de faire la même chose qu’en Afghanistan. Les États-Unis, qui ont détruit les documents trouvés à la base en quittant l’aéroport de Kaboul, ont décimé certains points critiques de l’installation avec des frappes aériennes après la fin du retrait.

De la même manière, lorsque les États-Unis ont été contraints de se retirer de la région avec l’opération turque contre l’organisation terroriste YPG, ils ont brûlé des documents secrets dans la zone de la cimenterie Lafarge, qu’ils ont utilisée comme base, puis bombardé et détruit.

R.I.