Alors que les négociations avec Téhéran restent en suspens : Joe Biden donne son feu vert au programme nucléaire sioniste

U.S. President Joe Biden and Israel's Prime Minister Naftali Bennett shake hands during a meeting in the Oval Office at the White House in Washington, U.S. August 27, 2021. REUTERS/Jonathan Ernst

Alors que les négociations avec Téhéran restent en suspens : Joe Biden donne son feu vert au programme nucléaire sioniste

Alors que les discussions sur le nucléaire iranien sont en suspens, les États-Unis et l’entité sioniste ont renouvelé leur accord sur le nucléaire hébreux.

Le pacte soutenu par tous les présidents américains depuis Richard Nixon consiste à ne pas exercer de pressions sur l’État hébreu pour qu’il adhère au traité international sur la prolifération des armes nucléaires, en échange de quoi l’entité sioniste s’engage à ne pas utiliser ses bombes atomiques.

Selon la presse locale, le «deal» a été scellé autour d’une tasse de café lors de la réception à Washington, par Joe Biden, du nouveau premier ministre, Naftali Bennett, la première rencontre entre les deux hommes depuis l’élection du président américain. Joe Biden aurait signé une lettre réaffirmant l’engagement des États-Unis envers des accords stratégiques vieux de plusieurs décennies.

La Maison-Blanche et le bureau du premier ministre se refusent à tout commentaire. En quittant la capitale américaine dimanche, Naftali Bennett a déclaré qu’il avait «atteint et dépassé tous les objectifs fixés pour cette rencontre». Il a notamment demandé une aide du Pentagone pour le renforcement de ses boucliers antimissiles «Dôme de fer», et insisté pour que les États-Unis contrecarrent les ambitions nucléaires de l’Iran.

À la différence de son prédécesseur Benyamin Netanyahou, Bennett évite de s’opposer frontalement à la volonté américaine de chercher une issue diplomatique pour empêcher Téhéran d’accéder au statut de puissance nucléaire.

L’entité n’a jamais reconnu l’existence de son propre arsenal nucléaire et maintient une politique d’ambiguïté officielle sur cette question couverte par le secret-défense. Le pays dispose d’un complexe nucléaire à Dimona, dans le désert du Néguev, construit à la fin des années 1950 avec l’aide de la France et mis en service en 1963, sans agrément de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Le projet se voulait une réponse au déploiement de missiles sol-sol par l’Égypte. Sa dimension militaire est un sujet tabou. En 1986, un de ses techniciens, Mordechai Vanunu, a communiqué des détails au quotidien anglais The Sunday Times sur le programme.

Il a été enlevé par le Mossad dans des conditions rocambolesques à Rome. Jugé et condamné pour «trahison», il a passé dix-huit ans en prison. Il lui est interdit, depuis sa libération en 2004, de rencontrer la presse.

Les accords auxquels Joe Biden aurait souscrit découlent d’un pacte conclu en 1969 entre le président américain Richard Nixon et la première ministre Golda Meir.

Ils contraignent Israël à ne pas tester, ni menacer de se servir de son arsenal. Tout d’abord verbal, il avait suscité dans l’establishment politique et militaire israélien des craintes de reniement de la parole américaine durant le mandat de George H. W. Bush père, après les appels lancés par le dirigeant américain pour que le Moyen-Orient soit exempt d’armes de destruction massive au lendemain de la guerre du Golfe de 1991.

Les spécialistes internationaux estiment que l’entité sioniste dispose d’un arsenal conséquent d’armes nucléaires avec en particulier des sous-marins basés dans la partie militaire du port d’Haïfa.

Il est capable, selon eux, de déployer des ogives sur des missiles Jéricho de longue portée estimée à environ 5000 kilomètres.

En février 2017, peu après son entrée en fonction, Donald Trump aurait été, selon des médias américains, surpris par la requête de l’ambassade l’entité sioniste de l’époque, Ron Dermer, d’ajouter son paraphe au document. Il n’était, semble-t-il, pas informé de la démarche de ses devanciers. Il a fini, comme les autres, par signer.

R.I.