Espionné par le Maroc, Mediapart porte plainte

Espionné par le Maroc, Mediapart porte plainte

C’est l’un des plus grands scandales d’espionnage de la décennie, révélé par une quinzaine de médias internationaux.

Au moins 50 000 personnes surveillées par une douzaine d’États grâce à un logiciel israélien. Pegasus permet de prendre le contrôle d’un téléphone, donne accès à l’intégralité du contenu de l’appareil ainsi qu’à son microphone et sa caméra.  Parmi les pays utilisateurs : le Maroc.

Selon l’enquête internationale, le service de sécurité marocain utilise même Pegasus de manière systématique contre des journalistes et critiques du pouvoir. Le site d’information français Mediapart figure également sur « la liste », mais ne compte pas se laisser faire.

Il a d’ailleurs  annoncé ce lundi, le dépôt d’une plainte à Paris, après des informations indiquant que les téléphones de deux de ses journalistes ont été espionnés par un service marocain, à l’aide du logiciel sioniste Pegasus.

«Les numéros des téléphones portables de Lénaïg Bredoux et d’Edwy Plenel (cofondateur du site) figurent parmi les dix mille que les services secrets du Maroc ont ciblés en utilisant le logiciel espion fourni par la société israélienne NSO», a confirmé Mediapart dans un article publié lundi, après la publication de ces révélations dans plusieurs médias (dont Le Monde, le Guardian et le Washington Post).

«Pendant plusieurs mois, l’appareil répressif du royaume chérifien a ainsi violé l’intimité privée de deux journalistes, porté atteinte au métier d’informer et à la liberté de la presse, volé et exploité des données personnelles et professionnelles. Aucun autre téléphone d’un membre de l’équipe de Mediapart n’a été espionné», a précisé le journal en ligne.

Dans son article, le média d’investigation explique, détails à l’appui, comment cet espionnage de téléphones a coïncidé avec «la répression du journalisme indépendant au Maroc», et notamment à l’encontre du journaliste d’investigation Omar Radi.

Pour Mediapart, le but était clairement de chercher à «faire taire les journalistes indépendants au Maroc, en cherchant à savoir comment nous enquêtions dans ce domaine».

C’est pourquoi le site indique avoir décidé de déposer plainte dès ce lundi au nom de ses deux journalistes, auprès du procureur de la République à Paris, pour que la justice puisse «mener une enquête indépendante sur cet espionnage d’ampleur organisé en France par le Maroc».

«Au-delà des suites judiciaires, il va sans dire que cette atteinte aux libertés fondamentales, menée par une puissance étrangère à l’encontre d’un journal indépendant, exige une ferme réaction des autorités françaises qui aille au-delà d’une condamnation de principe. Nous l’attendons», ajoute le média d’investigation.

Au Maroc, pas moins de 38 personnes, journalistes et défenseurs des droits humains sont concernés par cet espionnage de grande ampleur. Il s’agit, entre autres, de Ali Amara Fatim Zahra Lqadiri, du journaliste et fondateur du quotidien Akhbar Al Yaoum,Taoufik Bouachrine, de l’ancien correspondant de l’AFP à Rabat, Omar Brouksy et du fondateur du site Badil.info, Hamid El Mahdaoui.

Au total ce sont quelques 50.000 numéros de téléphones de personnalités de plusieurs pays comme la France, la Belgique et l’Espagne qui sont concernés par des attaques de ce logiciel sioniste utilisé par le Maroc.

Dj. Am