« Faire feu de tout bois »

« Faire feu de tout bois »

Cette expression datant du XVIIe siècle, est un dérivé de celle traditionnellement connue «faire flèche de tout bois». À l’époque, lorsque les chasseurs épuisent leur réserve en flèches, ils en faisaient à partir du bois de mauvaise qualité, trouvé sur place, pour poursuivre la chasse et rapporter de la nourriture par tous les moyens. Cette expression s’est par la suite étendue à «faire feu de tout bois» où tous les bois étaient bons pour se réchauffer, l’hiver.

En fait, aussi bien l’un que l’autre sens, les deux expressions se projettent avec beaucoup de synchronisation, sur l’état de fébrilité dont souffre de nos jours, la diplomatie marocaine. Après avoir gâché une manne financière exubérante, généreusement offerte par l’Algérie, le Maroc, claquemuré dans la velléité illusoire de création d’un consortium pour la réalisation d’un projet de pipeline, concurrent à celui mis en place par l’Algérie,s’apprête à passer, grandeur nature, son premier hiver sans gaz algérien.

Faut-il souligner que cette posture n’a pas surgi ex nihilo, mais plutôt c’est la résultante de périlleux dérapages cumulés, relevés dans la mise en œuvre de la stratégie géopolitique marocaine. Enfin, elle ne serait,en substance, qu’une bande d’annonce de la kyrielle de mesures coercitives, avec un dosage approprié ,opposables au Makhzen qui ignore ou feigne d’ignorer sa véritable place dans l’arène politique régionale, pour le ramener à sa réelle stature, le mettre dans sonexacte volume. Une des merveilleuses citations de Georges Franklin, qui cadre malheureusement avec l’outrecuidance de la diplomatie marocaine, disait que trois choses sont extrêmement dures : de l’acier, un diamant et se connaitre soi-même.

Force est de reconnaitre que ce n’est pas une tâche facile de rééduquer diplomatiquement Rabat, quand l’affabulation, la diffamation et le dénigrement de l’Algérie constituent le vade-mecum de toute sa démarche diplomatique, quand ses flèches sont débitées depuis de frasques exorbitantes et de comportements téméraires, s’inscrivant ostentatoirement en faux avec les liens de bon voisinage. Un voisin, à la lisière de pays ennemi pour paraphraser les propos de son ancien Consul Général à Oran, qui fonctionne avec la duplicité politique, le culte de l’ego poussé à son paroxysme, cultivant une méchanceté perfidement assassine et développant une haine recuite contre l’Algérie.

La rupture des relations diplomatiques avec le Maroc, est un signe marqueur de la détermination de l’Algérie de ne pas se laisser, désormais, happer par les rhétoriques incantatoires et les discours tympanisèrent, anachroniques, insipides et concoctés des vœux creux. Assurément, il est dit que comparaison n’est pas raison, mais le parallèle s’impose dans le cas d’espèce : les propos virulents à l’égard de l’Australie, du Ministre français des Affaires étrangères, M. Jean-Yves Le Drian à la suite de l’annulation d’un contrat de vente de sous-marins, quand bien même il s’agit là d’un marché juteux, sont illustratifs de la légitimité du courroux, en cas de trahison. Celui-ci a qualifiée l’acte de Canberra de «  couteau dans le dos ».Qu’attendre, en revanche, d’une Algérie poignardée à maintes reprises par le Maroc. Au-delà de la bataille de démagogie et de vitupérations, les incartades opérés par l’armée marocaine dans le territoire algérien, alors que l’Algérie n’était pas encore remise de ses plaies, ont laissé d’indélébiles traces dans la mémoire collective et l’histoire du peuple algérien.

Fidèle à son style subversif, la diplomatie marocaine s’emploie à faire feu de tout bois, pour déstabiliser l’Algérie, quitte à faire alliance avec le diable. En s’attaquant frontalement à notre pays dans les foras internationaux, abandonnant les sinueux et subtiles sentiers diplomatiques d’antan, Rabat semble hanté d’une velléité sordide de noyer le poisson.Ses manœuvres tendant à porter préjudice à notre pays font naguère florès.L’on retient à ce stade le caractère pyromane, au sens propre, comme en témoignent les liens des services secrets marocains avec les auteurs des incendies ayant ravagé de larges espaces forestiers, et figuré, si on se réfère à l’affaire Pegasus, le soutien apporté aux mouvements sécessionnistes…etc.

Faire feu de tout bois devint ainsi la marque de fabrique des « talents » qu’on attribue à la diplomatie marocaine et de sa ligne directrice. Il importe, enfin, de dire qu’à défaut de réserve en bois ou rupture de stock, Rabat n’hésite pas à souffler sur les braises, comme un vent de tempête, à l’effet d’attiser les flammes d’un chaudron diplomatique, d’où il ne récoltera que des cendres et ces fuites en avant ne sauraient l’exempter de ses responsabilités dans la contamination de l’ensemble de la région au regard de ses voisins et de l’Histoire. Mais le boomerang pourrait être destructeur s’il se mettait à égrener des régions du territoire de ce royaume.

La rédaction

 

 

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