Le Maroc joue avec le feu, affirme le CNDH dans un communiqué

Le Maroc joue avec le feu, affirme le CNDH dans un communiqué

‘Le Maroc joue avec le feu’, a déclaré le CNDH (Conseil National des Droits de l’Homme) dans un communiqué repris par l’APS à travers lequel il rappelle que : « l’annonce officielle et sans équivoque du Maroc de soutenir le droit d’une composante authentique et essentielle du peuple algérien à l’autodétermination et donc à sa séparation du peuple et du territoire de la République Algérienne équivaut ‘à jouer avec le feu’.
Le Conseil rappelle aussi que le Maroc est au courant que des ‘voix venant de l’intérieur appellent à la constitution d’entités indépendantes et même des républiques dans des endroits précis du territoire marocain’, mais il n’en parle pas.

Revenant à la distribution d’une note officielle par sa représentation diplomatique à New York lors de la réunion des Etats Non-Alignés soutenant le droit à l’autodétermination d’une région essentielle de l’Algérie est une violation expresse et claire des engagements internationaux ‘énoncés dans les deux pactes internationaux sur les droits civils et politiques (PIDCP) et sur les droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), ainsi qu’une violation flagrante et manifeste de tous les accords internationaux et régionaux relatifs aux droits de l’homme ratifiés par le Maroc, qui lui imposent le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des Etats membres dans ces accords et la non-ingérence dans leurs affaires intérieures.

Dans le même communiqué, le CNDH donne une véritable leçon de droit international au Makhzen en lui rappelant les principes fondamentaux concernant le droit à l’autodétermination et la détermination du concept et des limites de ce droit. Dans le même sillage, le Conseil National des Droits de l’Homme rappelle au Maroc les cas précis pour l’autodétermination des peuples pour les territoires non-autonomes.

Poursuivant dans sa réponse, le CNDH estime que ‘l’action menée par le Maroc est d’abord un coup de poignard’ dans le dos du pays d’un million et demi de martyrs, tombés au champ d’honneur pour que vive l’Algérie Unie, peuple et territoire’.

Il est également rappelé dans le même communiqué que les ‘Actes constitutifs des Nations Unies, l’UA, de la Ligue Arabe et de l’OCI exigent des pays membres le respect de la souveraineté des autres, l’intégrité de leurs territoires, l’unité de leur peuple et la non-ingérence dans leurs affaires internes’. Des principes et des exigences que le makhzen a foulés allègrement aux pieds en s’immisçant dans les affaires intérieures de l’Algérie et en tentant de diviser son territoire, ce qui est en soi un acte de guerre.

Continuant sa leçon de droit international au makhzen, le communiqué souligne que ‘le droit international confère aux pays de soutenir et d’appuyer les peuples non autonomes dans le but de leur permettre de jouir de leur droit à l’autodétermination, à l’instar des peuples palestinien et sahraoui qui bénéficient du soutien de très nombreux pays car étant des peuples non-autonomes et que ce soutien est justement un respect certain aux exigences du droit international’.

Revenant aux véritables raisons qui ont conduit le Maroc à s’empêtrer dans cette affaire de soutien à un groupe précis, le CNDH indique que : ‘tenter de faire de la cause sahraouie une question bilatérale entre le Maroc et l’Algérie, c’est affirmer des propos politiquement et légalement vains, nullement illustrés par la réalité des relations internationales’, peut-on lire en conclusion du communiqué.

Tahar Mansour