Macron s’excuse auprès des harkis : Entre geste politicien et affaire franco-française

Macron s’excuse auprès des harkis : Entre geste politicien et affaire franco-française

Largement débordé sur les flancs après un mandat présidentiel chaotique et atypique, le président français ne sait plus sur quel musique jouer, ni quel discours tenir, pour entrer de plain-pied dans sa campagne électorale. Quasi-achevé et groggy par l’affaire des sous-marins il semble n’avoir rien trouvé de mieux à faire que de se tourner vers l’Algérie. Notre pays, fort de plus de quatre millions d’émigrés d’origine algérienne semble représenter le meilleur sauf-conduit pour lui. L’escale algéroise, en effet, a (presque) toujours représenté le chemin le plus court et le plus sur vers l’Elysée. Emanuel Macron en sait forcément quelque chose, lui qui doit sans doute son élection à son historique visite en Algérie. Cependant, le courage politique dont il avait su fait preuve en parlant de « crime contre l’humanité à propos de la colonisation française en Algérie a vite fait d’être « écorné » par la suite du traitement qu’il avait réservé au traitement du dossier mémoriel. Or, en dépit de ce regrettable faux pas, Macron, sans doute mal conseillé, ne fait pas que persister dans l’erreur. Il s’y enfonce en effet corps et bien. Quelle mouche l’a donc piqué d’avoir cru plaire et complaire aux Algériens quand il a présenté de solennels excuses aux harkis, allant même jusqu’à leur promettre une loi spécifique portant statut spécifique et indemnités. La belle affaire ! Est-il nécessaire de relever ici l’ignorance-crase du président français sortant ? Celui-ci vient en effet de tirer une balle à blanc dans un duel très serré où chaque coup compte, et promet même d’être décisif. La question des harkis est affaire franco-française. Telle est l’immuable position algérienne. Cette « fleur » faite aux anciens traitres durant notre guerre de libération nationale vise peut-êre à recentrer un peu plus Macron dont le virage à droite commençait même à énerver ses concurrents directs que sont Marine Le Pen et Eric Zemmour. Au reste, il faut s’attendre à de sévères levées de boucliers de leur part. Et pour ne rien arranger aux affaires de Macron, cette affaires de « sous-marins intervient au plus mauvais moment de sa précampagne. Lui, qui a réduit en miette le positionnement traditionnel droite-gauche avec « L a République en Marche », a donné naissance à un échiquier inédit dans toute l’histoire de la Ve République. Une totale incertitude, et une grande opacité continue de régner sur ces élections présidentielles où a navigation se fait quasiment à l’aveuglette et à l’emporte-pièce…

Mohamed Abdoun