Tripoli dément ses contacts avec Israël mais n’efface pas le spectre de la trahison

Tripoli dément ses contacts avec Israël mais n’efface pas le spectre de la trahison

A quoi joue Ryadh en Libye ? La question se pose avec insistance depuis  l’annonce, mercredi, par la chaîne saoudienne Al-Arabiya Al-Hadath d’une rencontre entre le premier ministre libyen et des responsables israéliens à Amman.

La même source a également annoncé que les discussions avaient  porté sur la « normalisation des relations entre  Tripoli et Israël » et que le chef du gouvernement libyen se trouvait à la recherche d’un « soutien israélien afin de préserver son poste pendant la période de transition avant les élections ».

Relayée par un grand nombre de médias très sérieux à travers le monde, cette information a cependant été très vite démentie par les concernés qui  ont nié   avoir rencontré le chef des services israéliens  la capitale Jordanienne.

Ce  démenti était en outre accompagné d’une réitération de la position libyenne envers la cause palestinienne.

A Alger, cette déclaration a été accueillie avec grande satisfaction et elle a été aussi perçue comme étant aussi une confirmation du grand danger qui guette la région sur laquelle manœuvre  dangereusement Israël aidée par ses alliés marocains.

Un  pavé  dans la mare jeté par Ryad (plus proche que jamais d’Israël) pour prêter main forte à Tel Aviv  dans sa quête d’une plus large reconnaissance au Maghreb ?   Une manière de forcer la main aux libyens pour aller vers une normalisation avant la cruciale échéance des présidentielles ?  Ou enfin une façon de jeter le doute sur Tripoli et esseuler l’Algérie qui travaille pour un recul d’Israël dans  la région et en Afrique ?

Si le démenti du gouvernement libyen réconforte, il n’est malheureusement toutefois pas parvenu à éviter l’appréhension de la « trahison ».

En Décembre dernier, le choix libyen de céder la place de ce pays au Maroc pour la candidature au CPS (Conseil de paix et de  sécurité) de l’Union africaine (UA) avait éveillé les soupçons sur l’existence de nouvelles orientations stratégiques.

Prêter main forte à Rabat pour son accession au CPS est aussi et surtout une manière de renforcer la place d’Israël au sein de l’organisation africaine. Le plus grave est que la confirmation de la MAE libyenne n’a entraîné aucune réaction de son gouvernement ni du premier ministre libyen qui vient de nier sa rencontre avec les responsables israéliens…

 Amel Zineddine

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